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Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Tunisie : deux ans de perspective, un avenir incertain
La UE doit faire face au défi de distribuer de façon efficace les ressources pour soutenir les réformes et fuir de la tentation d’imposer des politiques dirigées à garantir sa sécurité.
Iván Ureta
Au cours des premières mesures des révoltes sociales en Afrique du Nord, la communauté internationale a réagi avec surprise. Le Maghreb, malgré les problèmes que l’on connaît liés à l’émigration illégale, le terrorisme de souche islamiste, le trafic de drogue, les hauts niveaux de chômage associés à une redistribution inefficace de la richesse, la corruption institutionnalisée et les questions associées à un faible climat démocratique et de respect des droits de l’Homme, semblait se trouver sous un équilibre contrôlé. L’optimisme international précédent était en partie justifié par les données et les informations publiées par différentes sources et organismes internationaux.
En 2005, la Tunisie était décrite par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement comme l’histoire d’un succès. Le 3 novembre 2008, The Sunday Times situait la Tunisie « parmi les meilleurs endroits pour investir en ces temps de crise économique ». La même tendance fut confirmée en 2010 par la revue Newsweek et par le Rapport de compétitivité globale élaboré par le Forum économique international.
En 2010, le rapport de développement des Nations Unies signalait la présence de trois pays du Maghreb dans la liste des 10 pays qui s’étaient améliorés le plus notoirement entre 1970 et 2010. Cette trouvaille surprenante fut définie dans le rapport comme le « miracle nord-africain ».
Quelques mois après tous ces rapports et prévisions positifs, le 17 décembre 2010, Mohammed Bouazizi décidait de s’immoler. Feu qui se propagea rapidement dans tout le pays sous forme de révoltes sociales, et qui finit par renverser l’apparemment intouchable Zine el-Abidine Ben Ali, qui dut quitter la Tunisie le 14 janvier 2011 pour se rendre en Arabie saoudite.
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