n.55 Camps de réfugiés, une question en attente

Editorial

Le terrorisme a de nouveau frappé, maintenant à Barcelone et Cambrils. Ce terrorisme à caractère djihadiste constitue un phénomène moderne, nourri idéologiquement par le salafisme et politiquement par les turbulences de ce dernier demi siècle – autoritarisme, ingérences étrangères, guerres par procuration… Il est aussi global, avec des ramifications régionales et locales : tout à coup, Ripoll, la ville d’où provenaient les jeunes terroristes qui ont provoqué désolation et mort en août, semblait beaucoup plus proche de Raqqa, le bastion disputé de Daech. Les liens directs semblent diffus, mais le script, la méthodologie, la narration et l’inspiration, sont oeuvre de Daech.

Comme en témoigne ce numéro d’AFKAR/IDÉES, il reste beaucoup à savoir. Sans doute, nous nous sentons tous solidaires de la magnifique réaction de l’ensemble de la citoyenneté sans distinctions et sans stigmatisations, en tant que meilleur antidote contre l’extrémisme violent. Mais il faut tenir en compte que Daech est un être qui s’adapte aux circonstances et dont la survie en tant que « marque » ne dépend tant de son projet de califat territorial, que de sa capacité à diffuser la peur parmi les sociétés qu’il attaque. Ainsi donc, même si les campagnes militaires réussissent à « liquider » Daech sur son territoire, elles ne réussiront pas à désactiver son action globale.

Il faut donc accumuler les connaissances. Nous ne pouvons pas reposer sur des modèles établis utils pour expliquer des actions passées mais pas toujours pour prévenir les actions futures. Il est vrai que le profil des terroristes de Barcelone et Cambrils présente des variables en commun avec des cas précédents : fils de familles immigrées, nés ou élevés en Europe, un certain flirt avec la délinquance ou un passage en prison (l’imam), qui se rapprochent de la religion après une vie peu « pieuse », un endoctrinement dans un cercle très fermé, avec une combinaison d’entourage on-line (directrices) et off-line (avec une méthode de secte, face à face et à travers un leader charismatique).

Cependant, on voit apparaître dans la constellation djihadiste des villes secondaires en tant qu’objectif ou origine des terroristes, dont le profil se déplace des zones périurbaines vers un milieu rural. Dans ce cas-là, on ne retrouve pas non plus des jeunes inadaptés, victimes de l’exclusion sociale, économique ou professionnelle. Il s’agit d’adolescents éduqués, travaillant et avec un avenir. Quelles brèches a pu trouver l’imam pour les transformer en des machines à tuer ? A priori, nous pourrions aventurer trois fractures : identitaire, générationnelle et politique.

Provoquée par le racisme qui persiste dans notre société, la fracture identitaire est celle qui se nourrit de la perception négative de l’ « autre ». Il est essentiel de savoir qui on est, à quel lieu on appartient et quels sont ses référents pour construire ta propre identité, surtout au moment de l’adolescence. La rupture générationnelle est provoquée par des jeunes qui vivent à cheval entre deux façons de vivre et qui perçoivent dans leurs parents une religiosité décaféinée, domestiquée par la société d’accueil. Quelles relations s’établissent entre des jeunes modernes, formés, avec des aspirations et des parents ayant des difficultés pour comprendre la révolte générationnelle qu’expérimentent leurs enfants ? Il ne s’agit pas d’une « radicalisation » dans un milieu religieux ou salafiste, mais de garçons dans une étape délicate de leur construction identitaire qui ont trouvé dans le djihadisme le parapluie idéologique qui leur permet de s’identifier avec tous les musulmans victimes du monde. C’est là que l’on retrouve précisément la fracture politique. La narration djihadiste se sert de la politique (les victimes palestiniennes, syriennes, irakiennes…) pour mobiliser, donnant lieu à un processus d’identification virtuelle entre les jeunes endoctrinés et ces victimes globales.

Il faut combattre ces fractures en partant de la responsabilité et la cohérence en ce qui concerne la politique étrangère, la cohésion sociale, la représentativité, la normalisation de la différence. Lesdites communautés musulmanes ont besoin de se voir renforcées pour pouvoir faire face aux défis politiques, sociaux et théologiques. Il faut savoir plus pour mieux prévenir, pour viser juste avec des politiques empêchant la bête djihadiste de muter à nouveau et de séduire nos jeunes avec son piège d’héroïsme et de mort.

Changement climatique et activisme environnemental en Méditerranée

La vague de chaleur extrême qui frappe le Liban et les coupures d’électricité fréquentes pendant que je suis dans mon bureau à Beyrouth, sont un simple exemple de ce que l’on peut constater dans les pays de la Méditerranée et de la région d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (MENA). Pendant que j’écris cet article, au mois d’août, certains pays comme le Koweït et l’Iran subissent les températures les plus élevées jamais enregistrées et il s’est produit en Égypte, au cours de ces dernières années, de nombreuses vagues de chaleur et des...

Entre tradition et modernité

Malgré d’importants obstacles, ces derniers temps, la littérature arabe pour enfants a connu de grandes avancées, aussi bien en ce qui concerne la qualité des textes et des illustrations, que la variété des sujets. Actuellement, on produit plus et de meilleurs livres pour enfants, ce qui reflète les multiples facettes d’une société arabe moderne en rapide transformation, avec ses tensions entre tradition et modernité. L’histoire de cette catégorie littéraire est relativement brève, et on a commencé à publier ces livres dans le monde arabe en différentes étapes. L’Égypte a été le premier pays où elle existe depuis la fin du XIXème siècle. L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis (EAU) n’ont commencé qu’à la fin des années soixante. Actuellement, l’Égypte et le Liban constituent les centres de l’industrie éditoriale, aussi bien en ce qui concerne la littérature pour enfants que pour adultes. Les EAU ont aussi commencé à jouer... Lire la suite

La littérature d’enfance et de jeunesse au Maghreb

La littérature d’enfance et de jeunesse au Maghreb, notamment au Maroc, en Algérie et en Tunisie, a connu ces dernières décennies un élan de développement sur les plans de la production et de la recherche théorique et académique. Toutefois, les efforts des acteurs impliqués dans ce domaine se heurtent encore à des obstacles de natures diverses : formation aux métiers du livre de jeunesse, financement et investissement, politique éditoriale, diffusion et promotion des productions. Les publications maghrébines destinées aux enfants et aux jeunes, depuis l’indépendance (Maroc et Tunisie en 1956 et Algérie en 1962) jusqu’à aujourd’hui, essaient tant bien que mal de suivre les changements socioculturels qui touchent les pays maghrébins, composés en majorité de populations jeunes. Quantitativement et qualitativement, les éditions moyen-orientales et occidentales (particulièrement françaises) continuent d’occuper une place importante dans le paysage c... Lire la suite
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