afkar/idées
Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Les nouvelles orientations diplomatiques
La politique étrangère des pays du nord de l’Afrique est victime de l’indécision et l’instabilité, qui dureront encore jusqu’à l’avènement de régimes légitimes et stables.
Ridha Kéfi
Les révolutions arabes, qui se sont soldées par la chute de trois régimes dictatoriaux en Afrique du Nord, en Tunisie, Égypte et Libye, et par la montée, dans les trois pays, de régimes islamistes, ont complètement changé la configuration géopolitique régionale, notamment sur les plans maghrébin, arabe et euro-méditerranéen.
À vrai dire, les lignes idéologiques et politiques dans les trois pays continuent de bouger, les révolutions sont encore inachevées et la situation générale est susceptible de subir des soubresauts, des mutations voire des remises en cause radicales, car les forces en présence (islamistes, nationalistes, libérales, laïques, progressistes…) sont, elles-mêmes, en phase de reconstitution.
Quant aux populations, qui se sont libérées du joug de l’oppression et de la dictature, elles ne comptent pas se laisser dominer de nouveau par un régime dictatorial, quel que soit son obédience. D’autant que la revendication de liberté et de démocratie est désormais très forte parmi toutes les couches de la société, et pas seulement parmi les élites politiques. La poursuite des manifestations populaires pour faire pression sur les gouvernements provisoires aujourd’hui en place et infléchir certaines de leurs décisions est la preuve du grand dynamisme sociopolitique né grâce aux révolutions. Ces manifestations sont d’ailleurs souvent lancées et encadrées par des organisations de la société civile. Ce qui explique la marge de manœuvre étroite dont bénéficient les acteurs politiques, surtout ceux au pouvoir, et dont les faits et gestes sont suivis à la loupe par l’opinion publique. Et même, souvent, dénoncés et contestés, en donnant lieu à des revirements spectaculaires du pouvoir exécutif.
Téléchargez pour lire l’article.