Les droits des femmes dans la Constitution

Il est nécessaire de rehausser tous les droits des femmes au rang de la Constitution et de les protéger des éventuelles remises en cause législatives.

Hafidha Chekir

En Tunisie comme dans le reste du monde arabe, des mutations extraordinaires se sont produites et se produisent encore, se traduisant par des contestations des régimes politiques établis et de l’ordre normatif dominant. Certaines se déroulent au prix de beaucoup de sacrifices, d’assassinats et d’arrestations, d’autres sont encore interdites, comme en Arabie saoudite, au nom de la loi islamique. Mais d’une façon générale, la rue arabe est sortie de son silence, elle n’entend plus se taire face aux politiques antidémocratiques.

Les femmes que l’on a considérées comme clôturées par les traditions ancestrales et les règles d’origine religieuse ont secoué des certitudes, ont quitté les espaces privés et font partie de cette rue. Pour Saadi Noureddine, « ces bouleversements ne sont pas nés d’une mondialisation occidentale mais d’une évolution profonde d’une société dans laquelle la question féminine a joué un rôle ». N’a-t-on pas affirmé que dans certains pays comme la Tunisie, la révolution a réussi parce que deux acteurs principaux y ont participé : les jeunes alphabétisés, pour certains diplômés en chômage, et les femmes. Dans ce sens, la présence massive des femmes était manifeste. Toutes se sont jointes à la révolution de la dignité et de la citoyenneté, déroutant certaines études qui affirmaient que les femmes arabes n’ont pas encore conquis leur émancipation et sont encore sous le joug du patriarcat empreint de sacralité.

En réalité, la condition discriminatoire des femmes explique cette adhésion féminine aux mouvements de contestation et confirme le constat fait, depuis la parution du premier Rapport sur le développement humain dans le monde arabe (2002), que le développement humain dans cette région est biaisé et compromis, surtout du fait des discriminations subies par les femmes, de leur faible accès à la citoyenneté, de leur quasi absence à la prise décision et de l’analphabétisme : sur les 65 millions d’analphabètes dans le monde arabe, les deux tiers sont des femmes.

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