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Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Construction maghrébine après le ‘Printemps arabe’
Les menaces partagées n’ont pas poussé à une réconciliation stable entre l’Algérie et le Maroc, condition nécessaire pour une avancée dans le processus d’intégration régionale.
Miguel Hernando de Larramendi
Les protestations antiautoritaires qui se sont déroulées en Afrique du Nord en 2011 n’ont pas modifié le statu quo maghrébin. Bien qu’elles aient provoqué la chute des régimes de Zine el Abidine ben Ali en Tunisie et de Mouammar Kadhafi en Libye, elles ne se sont pas traduites, jusqu’ici, par des transformations substantielles dans la structure du pouvoir en Algérie ni au Maroc, malgré l’expérience de cohabitation qui se déroule dans ce pays depuis l’arrivée au gouvernement du Parti de la Justice et du Développement (PJD). Le patron distension-affrontement qui caractérise depuis des décennies les relations entre l’Algérie et le Maroc, les principaux États de la région, est toujours en vigueur et il conditionne les avancées dans le projet d’intégration régionale maghrébin qui languit depuis plus de deux décennies.
Face à la conception d’un « Maghreb des États », représenté depuis 1989 par l’Union du Maghreb arabe (UMA), les mobilisations pro-démocratiques de 2011 reflétaient l’existence d’aspirations partagées à la liberté, la démocratie, la justice sociale, le progrès et la liberté parmi de larges secteurs de la population maghrébine. Ces demandes ont agi comme un révulsif pour relancer le projet d’un Maghreb Uni, bloqué jusqu’alors par la rivalité entre l’Algérie et le Maroc et l’absence d’une solution définitive au conflit du Sahara Occidental.
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