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Co-édition avec Estudios de Política Exterior
L’Europe répond avec plus d’Europe à la crise de la dette souveraine
Jordi Bertran
Tandis qu’elle regarde du coin de l’œil le Printemps arabe et qu’elle lance des promesses sur la réorientation de l’aide et l’appui à ses voisins méditerranéens, l’Union européenne (UE) concentre une grande partie de ses efforts à sauver l’une des plus grandes réussites et l’un des piliers fondamentaux de l’Union, l’euro, dans l’espoir de poser les bases pour récupérer la stabilité et la croissance économiques. Pour l’instant, malgré les hésitations et la lenteur qui lui sont propres, l’UE semble avoir compris l’exceptionnalité des temps qui courent et elle réagit unie.
En juillet dernier, l’UE a vécu l’un des épisodes les plus critiques de son histoire récente. Avec les marchés à l’affût de pays comme l’Espagne et l’Italie, la catastrophe était imminente et elle pouvait impliquer la sortie de l’eurozone de la Grèce et une forte secousse économique dans le continent avec des répercussions tellement imprévisibles que certains analystes la comparaient au bouleversement provoqué par la chute de Lehman Brothers aux États-Unis. Les conditions nécessaires pour gérer la crise de la dette souveraine étaient bien connues depuis des mois mais elles se sont heurtées à des priorités politiques, légales et même émotionnelles des membres du club. Au bord du précipice, les leaders européens et en particulier le couple franco-allemand, ont su être à la hauteur des circonstances, ils ont limé leurs dissensions et parié à nouveau sur l’Europe. Finalement, lors d’un sommet in extremis le 21 juillet, ils ont non seulement approuvé un nouveau plan de sauvetage pour la Grèce (109 milliards d’euros publics et – une nouveauté – 50 milliards
provenant de fonds du secteur privé), mais aussi un « plan Marshall » pour le pays. Ils ont aussi adopté une série de mesures pour adoucir les conditions des sauvetages octroyés à d’autres pays, ainsi que des outils qui laissent percevoir une meilleure gouvernance économique de l’eurozone. Le président français, Nicolas Sarkozy, en parlant du fonds de sauvetage européen (Facilité européenne de stabilité financière) dont les compétences ont été élargies dans ce sommet, osait même parler d’un Fonds monétaire européen. Cependant, la chancelière allemande, Angela Merkel, refroidissait l’enthousiasme concernant la possibilité réelle de disposer de cet instrument, lorsque l’on aura réellement surmonté la crise économique.
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