Ennahdha, de la polarisation au ‘consensus’

Les tentations hégémoniques du mouvement islamiste semblent s’estomper au profit d’une ‘démarche consensuelle’ : pragmatisme ou tactique?

Larbi Chouikha

Les évènements qui scandent l’évolution de cette transition depuis les élections d’octobre 2011 jusqu’à l’adoption du texte constitutionnel le 26 janvier 2014 mettent à nu les ambivalences et les ambiguïtés que traverse la société tunisienne. Mais ce qui retient notre attention des évolutions récentes, c’est le changement d’attitude adopté par le mouvement islamiste Ennahdha depuis quelques mois. Ses tentations hégémoniques et son instinct de conservation, largement perceptibles au moment de l’avènement de ses gouvernements successifs, semblent s’estomper aujourd’hui au profit d’une « démarche consensuelle ». Celle-ci se caractérise pour Ennahdha par son acceptation de négocier avec toutes les composantes politiques et civiles, sans exclure la sensibilité laïque, ainsi que sa disposition à faire des concessions fondamentales, y compris de quitter le gouvernement.

De la polarisation…..

Dès le début de 2012, les dirigeants nahdhaouis, vainqueurs des élections du 23 octobre 2011, avaient montré qu’ils n’étaient pas très favorables au maintien de structures qui avaient initié le cadre juridique et institutionnel des premières élections, et dont les principales figures, membres de la gauche « progressiste » ou réputées pour leur indépendance d’esprit étaient perçues par eux comme des adversaires politiques. Il s’agit de l’Instance pour les élections que dirigeait Kamel Jendoubi, de l’Instance pour la réforme des médias présidé par Kamel Labidi, et le comité des experts rattaché à la Haute instance pour les réformes politiques, sorte de mini parlement d’avant le 23 octobre 2011, qui avait à sa tête le professeur Yadh ben Achour.

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