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Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Élections 2013 au Liban : toujours la même histoire ?
Le pays restera séquestré par la politique des blocs qui a généré tant de problèmes depuis 2005 : blocage institutionnel et tension politique provoquant des éclats de violence périodiques.
Amaia Goenaga
L’année 2013 se présente compliquée pour le Liban. Le pays traverse un moment délicat sur le plan sociopolitique, en partie en raison de l’onde expansive de la crise syrienne et, en partie, du fait des disfonctionnements propres de son modèle. De plus, la conjoncture économique est très mauvaise et elle menace de devenir un facteur ajouté de déstabilisation sociale. Dans ce contexte, le Liban se prépare pour un nouveau rendez-vous électoral au printemps prochain. Si, comme il est prévisible, les élections sont convoquées sans réformes importantes du système électoral, la clé de la future majorité parlementaire tiendra à une poignée de sièges. La loi électorale et les accords préélectoraux seront essentiels, au moment de déterminer qui remportera ces sièges, la coalition du 14 Mars (14M) ou celle du 8 Mars (8M), deux coalitions multiconfessionnelles qui dominent la scène politique libanaise depuis 2005. Grosso modo, le 14M, dirigé par la famille Hariri, se définit par son opposition au régime syrien et sa traditionnelle influence sur le Liban. Le 8M, dirigé par le Hezbollah, se définit par son opposition à l’interventionnisme occidental au Liban et par son alliance avec le régime de Bashar al Assad. Depuis juillet 2010, le gouvernement est dirigé par des membres du 8M.
Pour une réforme de la loi électorale
Conscients de ce fait, cela fait des mois que la réforme de la loi électorale est devenue un sujet central dans la vie politique nationale.
Le Liban est, depuis les années vingt, une république parlementaire qui, sauf pendant la guerre civile (1975- 1991), a convoqué des élections législatives régulièrement. Ainsi, le pays a souvent été catalogué comme l’unique démocratie arabe. Cependant, le système électoral libanais présente de graves déficiences démocratiques, il atrophie la représentativité du citoyen et il limite la concurrence politique, en contribuant à la perpétuation des élites traditionnelles dans les institutions.
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