Les vieilles coutumes ne se perdent pas facilement

L’industrie médiatique propriété de l’État égyptien, très mal gérée, lutte pour récupérer la confiance de l’audience. Un processus épineux.

Fatima El-Issawi

Si réformer le secteur des médias en Égypte représente tout un défi, moderniser son secteur étatique surdimensionné peut sembler une mission impossible. L’industrie médiatique propriété de l’État égyptien (télévision, radio et presse écrite), très mal gérée, lutte pour se faire une place sur la scène médiatique post-révolution et, surtout, pour récupérer la confiance de l’audience. Cependant, il s’agit d’un processus épineux étant donné que la culture enracinée de l’obéissance et le manque de standards professionnels des rédactions se mélangent avec un fort héritage de mauvaise gestion. La récente offensive contre les médias du gouvernement islamiste, sous la consigne de « respecter » le président, est un signe clair du manque d’une authentique volonté politique d’ouvrir et de moderniser l’industrie des médias étatiques. La période immédiatement postérieure à la révolution se caractérisa par une ouverture relative qui fut cependant temporaire et n’apporta aucun progrès réel à la qualité de la production médiatique.

La télévision étatique égyptienne, qui lança une campagne de désinformation lors de la couverture des manifestations pro-démocratiques du 25 janvier 2011 qui conduisirent au renversement du régime de Moubarak, ne semble pas avoir oublié les vieilles pratiques. Nous en avons un clair exemple dans la couverture de l’attaque contre un poste de contrôle de sécurité sur la frontière israéloégyptienne du Sinaï, où 12 policiers égyptiens furent tués. Dans une vidéo sur YouTube de la rétransmission de la télévision étatique des funérailles en l’honneur des défunts, que des activistes égyptiens partagèrent à travers Facebook, le présentateur de télévision décrivait les émotions du président, Mohamed Morsi, comme le « grand regret du président » tandis que Morsi était absent lors de la cérémonie comme le déclara officiellement son porte-parole.

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