Pour une croissance inclusive dans la région arabe

L’expérience arabe démontre qu’il est possible d’atteindre une croissance économique élevée sans aborder l’exclusion politique, mais il est improbable que celle-ci soit durable

Mohammad Pournik

La croissance économique dans la région arabe a été instable et mal distribuée dans les pays. Elle s’est accompagnée d’une disparité régionale et de fossés de plus en plus larges entre les riches et les pauvres, ainsi que d’une vulnérabilité croissante des groupes défavorisés, notamment des femmes et des jeunes. Cette croissance s’est déroulée dans le contexte d’un contrat social tacite, dans lequel il n’y a eu aucune supervision populaire significative de l’action gouvernementale en échange de certains bénéfices matériels de la part de l’État à la population. L’État a également gagné la loyauté des élites locales en leur octroyant un accès privilégié à la terre, des marchés publics et un traitement différent dans le domaine des entreprises. Le développement a donc profité aux élites et a provoqué une exclusion politique et économique.

Malgré l’enregistrement d’une croissance moyenne du PIB par habitant de 2,4 % depuis 1991, la pauvreté, mesurée en fonction du seuil de pauvreté national, est passée d’une moyenne de 20,3 % dans les années quatre-vingt-dix à 18,1 % au cours de la décennie 2000. Ce rythme lent de réduction de la pauvreté des revenus s’est accompagné d’un ralentissement de la progression du développement humain, mesurée à travers l’Indice de développement humain (IDH).

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