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Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Pétrole et politique dans la seconde guerre civile libyenne
Le pays subit sa deuxième guerre civile depuis la chute de Kadhafi, une lutte pour le contrôle des recettes pétrolières et des institutions
Mattia Toaldo
Bien que ce fait ne soit pas généralement reconnu en dehors de ses frontières, il se livre une guerre civile en Libye. Il s’agit du deuxième conflit interne depuis les affrontements de 2011 entre l’ancien dictateur, Mouammar Kadhafi, et le Conseil national de transition. Pour l’instant, les efforts internationaux pour arriver à une solution négociée ont échoué, tandis que la guerre se centre de plus en plus sur le contrôle des ressources pétrolières et des institutions financières.
Cette fois-ci, le contentieux se joue entre ceux qui ont vaincu le « Colonel » en 2011. D’un côté, nous retrouvons les « révolutionnaires », comme ils se sont désignés eux-mêmes, qui contrôlent la capitale, Tripoli. Leur coalition, Aube de la Libye, inclut les milices de Misrata, des villes de l’ouest du pays et de la minorité berbère, ainsi que d’autres groupes de tendance islamiste. Ils ont ressuscité le Congrès général national (CGN) – l’ancien Parlement – et ils ont élu un « gouvernement de salut national » dirigé par Omar al Hassi, ancien professeur à Ben-ghazi. Cependant, aucun pays en dehors de la Libye n’a reconnu son cabinet, même si l’on dit qu’il contrôle la plupart desbâtiments officiels de la capitale.
De l’autre côté, l’on retrouve le gouvernement présidé par Abdallah al Thinni, reconnu par la communauté internationale, dont le siège se trouve dans les villes de Tobrouk et Bayda, à l’est du pays. C’est là aussi où se réunit la Chambre des Représentants, le Parde la production et des prix des hydrocarbures, aggravent la situation lement élu en juin 2014. Récemment, ce camp s’est formellement uni à Opération Dignité, un groupe d’insurgés formé par les restes de l’ancienne armée ayant déserté les rangs de Kadhafi en 2011, dirigé par le général Khalifa Haftar. Les milices de la ville de Zintan, à l’ouest du pays, qui contrôlaient, avant cet été, Tripoli et son aéroport international aux côtés des gardes « fédéralistes » des installations pétrolifères dirigés par Ibrahim Jadran, font aussi partie de cette coalition « anti-islamiste ».
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