Crise de légitimité de l’État dans le monde arabe

Ce n’est pas dans les questions communautaires ou ethniques qu’il faut chercher la solution aux problèmes de légitimité des États arabes, mais dans les politiques économiques et sociales.

Georges Corm

Les États issus du démembrement des anciennes provinces arabes de l’empire Ottoman sont en situation de crise quasi permanente, larvée ou ouverte. Les révoltes de 2011 ont révélé l’ampleur du malaise. Pourtant, ce dernier était déjà bien visible depuis le début des indépendances de ces États, entre 1940 et 1960, après la période de la domination coloniale européenne.

On peut ici évoquer tout d’abord l’incapacité des États arabes de contenir l’État naissant d’Israël, en 1948-1949 et d’empêcher le flux de réfugiés palestiniens fuyant les combats et les massacres. Ce sera ensuite l’incendie du centre du Caire en 1950, attribué soit aux Frères musulmans soit aux communistes, puis le coup d’État militaire de 1952, suivi de deux années de flottement avant que ne s’impose la forte personnalité de Gamal Abdel Nasser et que le régime monarchique soit définitivement aboli.

Entre-temps la Syrie a connu, en 1949 puis en 1950, deux coups d’État de brève durée, suivi d’un troisième qui ne prend fin qu’en 1955. Par la suite, on assiste à l’éphémère union de l’Égypte et de la Syrie (1958-1961) dans le cadre de la République arabe unie, censée être le premier pas vers la réalisation des aspirations arabes à l’unité de l’ensemble des peuples arabes. En 1958, le Liban et la Jordanie connaissent deux crises majeures qui amènent à l’intervention des États-Unis et de l’Angleterre ; cette même année, l’Irak connaît un coup d’État militaire qui supprime aussi la monarchie.

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