Co-edition with Fundación Análisis de Política Exterior
Ideas políticas

La défaite du récit israélien à Gaza

Félix Flores
Journaliste international, La Vanguardia

 L’Occident a épuisé les euphémismes pour dé­crire la bande de Gaza ces derniers mois, au-delà de l’annonce quotidienne de la mort de Palestiniens – quelques 38 000 à l’heure où nous écrivons ces lignes – comme s’il s’agissait d’une catastrophe naturelle. Pourtant, comme l’a souligné Pankaj Mishra, rappe­lant Blinne Ní Ghrálaigh, avocate irlandaise et repré­sentante de l’Afrique du Sud à la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye, jamais auparavant autant de personnes n’avaient été témoins en temps réel d’un massacre à l’échelle industrielle. Ses victimes, en l’ab­sence d’accès à la presse étrangère, « diffusent leur propre destruction », a déclaré Ní Ghrálaigh. Et cela inclut une centaine de journalistes gazaouis.

Après neuf mois, les détails des pénuries de nourri­ture, de médicaments, d’eau potable, d’assainissement, de soins médicaux, etc., sont connus, mais pas dans toutes leurs conséquences, car ni les Nations unies ni les organisations humanitaires qui ont été autorisées à entrer à Gaza (pratiquement les seules sources d’infor­mation disponibles) n’ont la capacité suffisante pour les évaluer. Mais s’il suffisait d’avoir une idée générale de ce qu’implique cette guerre à Gaza, il faut rappeler que l’État d’Israël est internationalement reconnu comme l’occupant d’un territoire et qu’il est donc responsable de la sécurité et du bien-être de sa population, qui – et c’est là la grande particularité – n’a pas la moindre pos­sibilité d’échapper ou de se mettre réellement à l’abri des bombes lancées par ce même État.

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