L’islam politique 2.0

Depuis les révolutions, les partis islamistes prêtent une attention croissante au web 2.0. Le danger est qu’ils décident de l’utiliser comme outil de propagande, plus que de dialogue.

Enrico de Angelis

Depuis qu’a commencé ce qu’on a appelé le Printemps arabe, la relation qu’entretiennent les mouvements islamistes au web 2.0 a été pour ainsi dire ignorée. La couverture médiatique des révoltes arabes qui soulignait le pouvoir présumé libérateur des nouveaux médias s’est focalisée sur des acteurs plus « télégéniques » : les jeunes activistes au look occidental qui, bon gré mal gré, sont devenus les symboles du réveil arabe.

Il est vrai qu’à la suite de la victoire de Ennahdha en Tunisie et des Frères musulmans en Égypte, le focus s’est largement recentré sur les acteurs de la matrice islamiste. Pourtant, il est rarement question de la relation que ceux-ci entretiennent avec les nouvelles technologies, lesquelles sont communément associées avec des protagonistes en apparence fort éloignés de l’islam politique.

Cette lacune est d’autant plus frappante qu’elle englobe non seulement les mouvements islamistes plus structurés, tels que les Frères musulmans et Ennahdha, mais aussi tous les jeunes courants qui eux, sont parfaitement à l’aise avec les nouvelles technologies digitales et entretiennent des valeurs proches de l’islam politique, sans pour autant militer au sein des mouvements traditionnels.

Et pourtant, les cercles politiques de type islamistes ont été parmi les premiers dans le monde arabe à utiliser les nouveaux médias, ouvrant dès le milieu des années quatre-vingt-dix des forums et des sites tels que Islam On Line qui offrait aux utilisateurs un espace d’interaction et de discussion. Le phénomène des bloggueurs a lui aussi contaminé la sphère islamiste, au sein de laquelle s’est développée l’une des communautés les plus actives en Égypte, à partir de la création par Abd al Moneim Mahmoud du blog Ana Ikhwan (Je suis les Frères musulmans) en 2006.

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