afkar/idées
Co-édition avec Estudios de Política Exterior
L’Europe et la promotion de l’activisme civil
Bien qu’elles aient été en partie la cause des révolutions, l’UE continue à promouvoir des politiques économiques néolibérales dans le monde arabe.
Francesco Cavatorta
Depuis la mise en marche du Partenariat euroméditerranéen en 1995, la promotion de l’activisme de la société civile fait partie intégrante du cadre politique plus ample de promotion de la démocratie dans le monde arabe. La justification de cette emphase sur la société civile et son potentiel de démocratisation repose sur l’hypothèse normative libérale selon laquelle il existe un lien naturel entre une société civile forte, la démocratie et la démocratisation. Ce courant de pensée provient de l’expérience européenne où les pouvoirs envahisseurs de l’État ont été refreinés grâce au surgissement d’une sphère autonome d’activisme civil, ce qui a motivé l’apparition de deux domaines distincts qui trouvent un équilibre à travers les institutions de la démocratie.
Les leçons tirées de l’expérience européenne n’ont pas fonctionné dans la même mesure dans le monde arabe, et le Printemps arabe qui a débuté en Tunisie à la fin 2010 est loin de représenter l’histoire du succès de l’activisme civil dans la région. On retrouve dans la bibliographie générale, un consensus sur l’échec de la promotion de l’activisme dans la société civile du monde arabe. Cet article révise certaines de ses causes et il met l’accent sur la façon dont les déficiences théoriques ont conduit à une compréhension incomplète des dynamiques sociales de la région. De plus, il examine les changements, s’il y en a eu, qui se sont produits depuis les soulèvements.
Téléchargez pour lire l’article