Accueil des migrants par le sport et la lutte contre le racisme
Le sport et la migration constituent deux enjeux à propos desquels l’Union européenne, en tant qu’institution politique, n’est pas en mesure d’exercer un véritable effet contraignant et structurant sur les politiques publiques nationales. Malgré la reconnaissance croissante du sport comme outil de politique publique par les institutions européennes, sa fonction sociale ne fait l’objet que de recommandations voire d’incitations par le biais d’appels à projets, mais aucun cadrage politique contraignant n’existe à l’échelle européenne. Cette absence contraste fortement avec l’apparent consensus qui s’est installé sur la plus-value sociale du sport en matière d’accueil des migrants comme de lutte contre le racisme. Mais un tel paradoxe s’explique aisément par le fait que la question migratoire elle-même soit traversée par de forts contrastes idéologiques. En d’autres termes, si les enjeux de migration sont particulièrement clivants à l’échelle nationale comme européenne, le seul fait d’introduire le sport, semble produire un effet de dépolitisation produisant un consensus selon lequel il est évidemment souhaitable de faire du sport un outil d’accueil. Il importe par conséquent de traverser l’écran de fumée et de mettre en évidence l’existence de clivages idéologiques dans les usages du sport à destination des migrants.