afkar/idées
Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Entre succession et révolution
Entre succession et révolution
Matthieu Rey
Souvent brocardés comme des inventions ou des importations occidentales – tout particulièrement au Levant –, les États arabes se sont progressivement imposés sur la scène régionale. Pourtant – et les analyses sur la crise syrienne en seraient un des derniers épigones – leur existence, pour ne pas dire leur légitimité sont souvent remises en question. L’enjeu ici est de comprendre tout à la fois comment et pourquoi des structures étatiques ont pu se maintenir sur des territoires, faire face aux différents défis des deux dernières décennies, mais aussi d’essayer de comprendre en quoi elles ont été affectées par les récents bouleversements.
Précisons d’emblée ce que nous entendons par État avant de revenir sur ses particularités propres dans le contexte moyen-oriental. Ensemble d’institutions créatrices d’organisation et de symbole, l’État s’impose comme réceptacle de la légitimité sur la scène internationale par le contrôle revendiqué d’un territoire. S’il faut le distinguer du régime comme mode de gouvernement et agencement spécifique des pouvoirs, l’État se donne à voir au moyen des régimes. Il serait dès lors aisé d’interroger la pérennité de telles constructions à l’heure de révolutions qui peuvent les abolir alors même que les stratégies de succession dominaient la lecture faite de tels États. Une approche générique doit permettre d’appréhender les temps de construction et de mutations.
Téléchargez pour lire l’article.