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Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Algérie : un baril de pétrole en chute, un régime sur un baril de poudre
Si le prix du pétrole se maintient à 50 dollars en moyenne, les recettes des exportations seront divisées par deux et les recettes fiscales connaîtront un recul considérable
Yassin Temlali
Depuis l’élection d’Abdelaziz Bouteflika à la présidence, en 1999, l’avenir du régime algérien n’a jamais été aussi entouré d’incertitudes. Malade, le chef de l’État n’exerce presque plus de fonctions autres que protocolaires. Ses pouvoirs ont échu à un collège d’officieux régents : des proches collaborateurs, comme son conseiller et frère Saïd Bouteflika, et des membres du gouvernement, comme le premier ministre, Abdelmalek Sellal, et le vice-ministre de la Défense et chef d’État-major de l’armée, le général de corps d’armée Ahmed, Gaïd Salah. Rien n’indique qu’une solution consensuelle a été trouvée à la crise de succession qui secoue ce régime et qui s’est manifestée à la veille des présidentielles de 2014 par un conflit feutré, par justice et presse interposées, entre deux groupes adverses, l’un hostile, l’autre favorable à la candidature de Bouteflika à un quatrième mandat.
Cet inquiétant tableau politique voisine avec un tableau économique non moins préoccupant. L’année 2014 a fermé la boucle d’une aisance financière sans précédent dans l’histoire de l’Algérie due à d’excellents cours pétroliers depuis le début des années 2000. Les prix du brut ont plongé ces derniers mois, perdant quelque 50 % de leur valeur entre juin 2014 et janvier 2015, et rien ne présage de leur redressement à court terme, leur effondrement ne s’expliquant pas uniquement par une offre excédentaire mais aussi par un début de bouleversement du marché énergétique mondial, avec l’essor des énergies renouvelables et l’entrée en compétition des hydrocarbures non conventionnels, notamment le gaz de schiste américain.
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