La guerre de Gaza: le plus dur défi de Biden en matière de politique extérieure
Avec la guerre de Gaza, l’Administration Biden affronte sa plus importante crise de politique extérieure. Elle se différencie des défis posés par la guerre russe en Ukraine ou des préoccupations causées par un conflit entre la Chine et Taiwan. La réaction des États- Unis à compter de l’attaque du Hamas sur Israël du 7 octobre 2023 et l’important soutien politique et militaire apporté à la campagne menée par Israël pour « détruire » le Hamas se sont déployés sur plusieurs niveaux.
Ils ont tout d’abord été le reflet d’une alliance profonde et historique en matière de sécurité avec Israël et, lors des premiers jours, la riposte israélienne a été jugée être une action de légitime défense contre une attaque terroriste. Néanmoins, très vite, en raison des dommages collatéraux infligés par la campagne militaire israélienne, le soutien inconditionnel apporté par les États-Unis a buté contre de nombreux amis de Washington au Moyen-Orient et contre la communauté internationale en général.
Deuxièmement, la guerre a donné lieu aux réactions enflammées de différents électeurs américains, dépassant de loin celles, attendues, des seuls groupes pro-Israël, et provenant de juifs américains, d’évangélistes chrétiens et de citoyens arabes et musulmans. Elle a donné naissance à un militantisme politique dans les grandes villes et dans des dizaines d’universités, ce qui s’est traduit par d’intenses débats sur la liberté d’expression et autour de la question de si les actions israéliennes constituaient un génocide. Ce qui a conduit à la démission d’au moins deux recteurs d’importantes universités américaines, le tout accompagné de la préoccupation constante suscitée par le besoin de protéger contre la violence antisémite ou islamophobe les étudiants, l’ensemble de la société, et diverses institutions culturelles et religieuses.
Enfin, en cette année d’élections présidentielles, il est possible que la guerre de Gaza pèse sur les décisions des électeurs d’une manière tout à fait inhabituelle en politique américaine. Il est en effet rare que la politique extérieure détermine le résultat du scrutin présidentiel et les candidats n’en parlent guère dans leurs campagnes. Toutefois, cette année, cette crise internationale touche de près des millions d’américains ayant des liens ancestraux avec Israël et avec la Palestine, et avec le monde arabe et musulman dans son ensemble. Elle a creusé les divisions entre les partis politiques au sujet de l’étendue et de la portée du soutien apporté par les États-Unis à un pays qui n’est pas un allié officiel, mais qui possède des liens exceptionnellement étroits en matière de politique et de sécurité avec les élites américaines, et ce sur tout le spectre politique.
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