Opportunité unique pour la justice et la dignité

Les défis à relever par la justice transitionnelle – vérité, mémoire, responsabilité, indemnisations et réforme institutionnelle – sont des éléments-clés du processus de transition.

David Tolbert

Les sociétés du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord sont les témoins d’évènements sismiques, contre l’érosion et l’effondrement de vastes régimes dictatoriaux, après la vague de clameur populaire de milliers de personnes réclamant dignité et justice. Les défis à relever par la justice transitionnelle – responsabilité, vérité, mémoire, réforme institutionnelle et indemnisations pour les victimes – représentent un élément-clé de ce processus. Ils sont à la fois fortement liés entre eux et à d’autres éléments de la transition tels que la sécurité, le développement et la démocratie.

L’immolation de Mohammed Bouazizi est considérée comme le détonateur du Printemps arabe. Depuis cet historique 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, nous avons assisté à la chute de Zine el Abidine ben Ali et aux élections libres en Tunisie, première étape fondamentale de la transition vers une société stable et démocratique. Le nouveau gouvernement reçoit en difficile héritage les abus et la corruption du régime de Ben Ali, et doit s’orienter vers le changement transcendantal en État de droit exigé par les centaines de milliers d’acteurs de cette victoire.

La mèche révolutionnaire s’est rapidement propagée de la Tunisie à l’Égypte, où la place Tahrir du Caire est devenue le symbole mondial de la lutte pour la dignité, et où la révolution a obtenu une chose jusqu’alors inimaginable : expulser Hosni Moubarak et ses collaborateurs du pouvoir. Celui-ci et plusieurs membres de son régime accusés de corruption et de violence pendant les mois de janvier et février contre les manifestants ont été jugés.

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