Ennahda confronté à sa pire crise

Le parti islamiste, acteur clé de la scène politique tunisienne ces dernières années, se trouve au bord de la scission, en proie à des guerres internes.

Ricard González

Sur plus de 40 ans d’histoire, la trajectoire mouvementée du mouvement islamiste tunisien Ennahda a connu une répression brutale, des élans révolutionnaires, la clandestinité et la prison. Cependant, après plusieurs années de luttes intestines larvées, il est aujourd’hui confronté à une crise d’une autre nature. Le récent départ du parti de plus d’une centaine de cadres moyens et de plusieurs dirigeants nationaux l’a laissé au bord d’une scission douloureuse au moment le plus délicat de l’ère postrévolutionnaire, alors que le coup de force du 25 juillet 2021 par le président Kaïs Saïed, menace de réduire à néant les acquis de la transition démocratique.

Sa crise coïncide avec celle du Parti de la justice et du développement (PJD) au Maroc, qui, avec Ennahda, représente le courant le plus modéré de l’islamisme. La débâcle du PJD aux élections générales du 8 septembre – il est passé de 27 % à 4 % des voix – est la dernière confirmation que les vents régionaux, qui en 2011 soufflaient en faveur de l’islamisme, ont changé de direction. Cependant, la crise d’Ennahda est d’une autre nature, car les contextes politiques en Tunisie et au Maroc sont très différents.

Une décennie en tant qu’acteur incontournable

Parmi la classe politique tunisienne, Ennahda a été le principal bénéficiaire de la chute du régime de Zine el Abidine Ben Ali, en 2011. En quelques mois, il est passé du statut de mouvement illégal à celui de leader du premier gouvernement élu, ainsi que du processus de rédaction d’une nouvelle Constitution démocratique. Bien que le parti islamiste modéré – ou « islamo-démocrate » comme aiment à se définir ses dirigeants –n’ait pas remporté toutes les compétitions électorales de la dernière décennie, ses résultats ont toujours été solides, ce qui en a fait le centre de gravité d’une scène politique tunisienne marquée par les aléas électoraux des autres partis. Car Ennahda a été le seul parti capable de construire une structure solide dans tout le pays, soutenu par des milliers de militants dévoués. C’est cette position privilégiée qui semble aujourd’hui menacée.

Pour comprendre la crise actuelle d’Ennahda, il faut se pencher sur sa trajectoire au cours de la dernière décennie, durant laquelle il a été plus ou moins présent dans la dizaine de cabinets qui ont gouverné le pays depuis fin 2011. D’où son statut d’acteur incontournable de la scène politique tunisienne. Son point culminant a été lorsqu’il est apparu comme le grand vainqueur des élections constituantes d’octobre 2011, avec 37 % des voix, ce qui lui a permis de présider un gouvernement de coalition avec deux partis de centre-gauche, la « troïka ». Cette période a été marquée par une forte polarisation avec l’opposition et par les craintes des secteurs les plus laïcistes, quant à la démantibulation de l’héritage laïcisant d’Habib Bourguiba, le père de l’indépendance de la Tunisie.

De fait, la transition a failli dérailler après l’assassinat de deux opposants de gauche par des groupes djihadistes. La médiation de quatre organisations de la société civile, dont le tout-puissant syndicat UGTT, a été nécessaire pour rediriger la crise et éviter un scénario similaire à celui de l’Égypte, qui a connu un coup d’État en 2013. La solution convenue, qui comprenait la formation d’un gouvernement technocratique et la tenue d’élections, a permis d’approuver la nouvelle Constitution démocratique du pays en 2014, avec un haut degré de consensus.

L’interprétation de cette période de tension par les dirigeants d’Ennahda est que de larges secteurs de la société, en particulier ceux qui ont du pouvoir comme les entreprises, les médias et la fonction publique, ne le considéraient pas comme un acteur légitime. Au sein d’Ennahda, ces secteurs étaient désignés comme « l’État profond » ou les vestiges de l’« Ancien Régime ». Pendant des décennies, l’islamisme a été la bête noire du régime, et ce résidu culturel aurait engendré une série de résistances, empêchant le parti de gouverner normalement. Par conséquent, la direction décidait de fixer comme objectif principal du parti de parvenir à une intégration complète dans le système politique, social et économique du pays. Et l’outil pour y parvenir était la recherche d’accords avec les partis politiques représentant ces secteurs. Cette stratégie a été mise en œuvre immédiatement après les élections présidentielles et législatives de 2014. Ces deux élections ont été remportées par la coalition Nidaa Tounès, sous la direction d’un ancien homme d’État, le futur président Béji Caïd Essebsi. Lors de ce cycle électoral, Ennahda est devenu le deuxième parti le plus important, ce qui a facilité la formation d’un gouvernement de coalition entre les deux adversaires, pour assurer la stabilité. Les liens entre Nida et des figures du régime de Ben Ali ont suscité de réelles craintes au sein d’Ennahda d’un retour au passé, et le pacte était destiné à assurer la préservation du parti.

Entre 2015 et 2020, au nom du consensus, Ennahda a accepté un quota dans l’exécutif bien inférieur à son poids électoral, ce qui lui a donné une capacité d’influence limitée dans une scène dominée par les luttes de pouvoir au sein des différentes factions de Nidaa Tounès, et qui a paralysé l’action gouvernementale. Lors des élections de 2020, un paysage politique très différent a émergé, marqué par la montée en puissance de figures au discours prorévolutionnaire et mettant l’accent sur la lutte contre la corruption, notamment le nouveau président Kaïs Saïed. Cependant, le leader vétéran d’Ennahda, Rached Ghannouchi, a préféré sceller une alliance au Parlement avec le deuxième parti le plus voté, le populiste Qalb Tounes, dirigé par Nabil Karoui, un magnat aux affaires de corruption en cours. Bien que l’argument officiel ait été, une fois encore, la nécessité d’un consensus avec les représentants de l’establishment, de nombreux militants ont perçu que la véritable raison était le désir de Ghannouchi de devenir le nouveau président de l’Assemblée des représentants du peuple. Privilégier les pactes avec les forces conservatrices liées aux grands groupes commerciaux, signifiait abandonner certaines des demandes de changement proclamées pendant la révolution, ce qui a frustré une partie de la base du parti, semant les graines de la future crise interne.

Des islamistes aux ‘islamo-démocrates’

Outre les alliances avec l’establishment, la stratégie de « normalisation » d’Ennahda consistait à accélérer et à promouvoir l’évolution idéologique du parti. C’était l’objectif principal de son Xème Congrès à l’été 2016. Les dirigeants du parti souhaitaient effacer la réputation d’islamiste radical qu’il avait acquise auprès d’une partie de la population, principalement en raison de ses positions lors du processus constitutif, lorsqu’il a proposé, par exemple, de faire de la charia ou loi islamique la source du droit ou la définition des relations entre les sexes qui stipulait que les femmes étaient « complémentaires » des hommes. De même, ses détracteurs laïques l’ont toujours accusé d’ignorer ou même d’être complice de la violence des groupes salafistes, tels qu’Ansar Al-Charia pendant le gouvernement de la « troïka ».

C’est pourquoi les organisateurs du Congrès ont pris soin de proclamer qu’Ennahda n’était plus un parti « islamiste » mais un parti « islamo-démocrate », en s’inspirant des partis chrétiens-démocrates européens. Pour étayer la nouvelle étiquette, le principal changement introduit dans les statuts était l’interdiction de toute forme d’activité religieuse au sein de la formation. En d’autres termes, Ennahda est devenue une organisation strictement politique et a établi que les fonctions dans le parti et le prosélytisme religieux étaient incompatibles pour ses dirigeants. « Il ne s’agit pas d’une décision tombée du ciel, mais du couronnement d’un processus historique… Nous devons séparer la religion des luttes politiques », a proclamé Ghannouchi lui-même depuis le podium.

Plutôt qu’une rupture avec le passé, le Congrès a représenté une nouvelle étape sur le long chemin de la modération entamé il y a plus de deux décennies, lorsque le parti a embrassé la démocratie et les droits de l’Homme, et a même osé soutenir certaines mesures, alors considérées comme anathèmes par les mouvements islamistes du monde entier, telles que l’interdiction de la polygamie décrétée par Bourguiba. En effet, en 2016, les activités de prosélytisme au sein d’Ennahda étaient déjà assez marginales. Afin de se démarquer de mouvements tels que les Frères musulmans, les idéologues d’Ennahda affirment que leurs références idéologiques sont différentes de celles des mouvements islamistes du Machrek, en désignant comme source d’inspiration des réformistes islamiques tels que le tunisien Taher Ben Achour et l’algérien Malek Bennabi. Un autre facteur explique également l’évolution par rapport aux postulats islamistes classiques, portés par l’embryon d’Ennahda dans les années 1970 : la plus grande sécularisation de la société tunisienne, où seuls 23 % de ses citoyens soutiennent la prééminence de la charia, contre 60 % en Égypte ou 77 % en Libye.

Il convient de noter que les changements adoptés lors du Xème Congrès ont fait l’objet d’un large consensus au sein du parti, et ont été acceptés même par les dirigeants les plus conservateurs, qui ont quitté sans hésiter la scène politique pour se consacrer à la prédication. Cela a été le cas, par exemple, des « faucons » Sadok Chourou et Habib Ellouze. « La voix islamiste appartient à une période passée de répression. Maintenant, nous sommes un parti démocrate national avec une référence islamique », a déclaré Chourou lui-même à El País, dans les couloirs du Congrès.

Cependant, certains anciens membres du mouvement Nahdaoui se sont montrés plus critiques. « La communication du parti a consacré plus d’efforts à expliquer ce qu’Ennahda n’était pas, ou ce qu’il avait cessé d’être, plutôt qu’à définir les points d’ancrage de la nouvelle idéologie du parti. Ennahda croit en quoi maintenant ? Quel est son projet ? » commente un ancien militant désabusé. La pleine acceptation, du moins apparente, parmi les militants, n’a pas englobé tous les secteurs sociaux qui sympathisaient avec le parti. Cela explique le succès inattendu aux législatives de 2019 de la Coalition Karama – 21 députés –, une formation qui a occupé les deux flancs qu’Ennahda avait laissés à découvert dans sa transition vers la modération. À savoir, les positions alignées sur le discours islamiste classique et décomplexé – Karama est souvent défini comme ultraconservateur – et sur la rhétorique révolutionnaire et anti-impérialiste.

Le leadership contesté de Ghannouchi

Pendant des décennies, Ennahda et Rached Ghannouchi ont été pratiquement synonymes. Cofondateur dans les années 1970 du mouvement Jama’a Islamiyya, l’embryon du parti actuel, Ghannouchi a été pendant des années un leader vénéré par les militants. Son statut d’intellectuel islamique, dont le prestige dépasse les frontières de la Tunisie et sa défense de la compatibilité entre l’islam et la démocratie, ont fait de lui la grande référence idéologique et morale d’Ennahda. Cependant, certaines de ses décisions stratégiques au cours de la dernière décennie et, surtout, sa gestion interne très centralisée du parti, ont consolidé un courant critique de plus en plus fort.

Lors du Xème Congrès en 2016, plusieurs dirigeants éminents ont proposé que la moitié de l’exécutif du parti soit nommée par le président, et l’autre moitié élue par la base, plutôt que d’être entièrement triée sur le volet par le président. La proposition a été rejetée par une faible marge – 52 % – et Ghannouchi a nommé un exécutif dominé par ses acolytes, avec une faible représentation des autres sensibilités du parti. Les tensions au sein du mouvement se sont aggravées, lorsque Ghannouchi a décidé de remplacer 30 des 33 têtes de liste de district élues par la base pour les élections législatives de 2019, dont des poids lourds comme Abdelhamid Jelassi, Abdellatif Mekki et Samir Dilou. Cette action représente une violation flagrante du règlement interne de la formation, qui ne permet le remplacement que de 10 % des candidats et uniquement avec l’approbation du Majlis Al-Choura, une sorte de Conseil national. Les dissensions internes peuvent contribuer à expliquer le mauvais résultat du parti, qui n’a recueilli que 500 000 voix (19 %), contre plus de 1,5 millions (37 %) en 2011. Cependant, l’effondrement total de son ancien adversaire – Nidaa Tounès avec seulement trois députés – lui a permis de sauver la mise et de retrouver le statut de parti le plus voté.

L’établissement d’une alliance avec Qalb Tounes, un parti populiste perçu comme un nid de corruption, n’a pas contribué à apaiser les tensions internes. Pas plus que le fait que l’apparition de la pandémie de la Covid- 19 ait forcé le report du XIème Congrès, prévu au printemps 2020, pour lequel aucune date n’a encore été fixée. Ses détracteurs estiment que Ghannouchi a utilisé la pandémie comme une excuse pour rester au pouvoir. Selon l’article 31 des statuts actuels du parti, la présidence est limitée à deux mandats. Ghannouchi a déjà présidé le parti dans les années 1980, mais ensuite, pendant la période de répression de Ben Ali, sa position officielle était celle de « représentant à l’étranger ». Officiellement, donc, son premier mandat a débuté en 2012 et a été renouvelé en 2016. En septembre 2020, la lame de fond interne a fait surface, laissant derrière-elle la réputation d’Ennahda, en tant que mouvement doté d’une discipline et d’une cohésion granitiques. Dans une lettre adressée à Ghannouchi, plus de 100 responsables du parti l’ont exhorté à rendre public son engagement à respecter les statuts internes, en renonçant à modifier l’article 31 pour devenir président à vie. Les signataires ont également demandé au président de garantir le renouvellement et la démocratie interne du parti, et ont mis en garde contre le risque d’une scission acrimonieuse lors du XIème Congrès. La direction d’Ennahda a répondu par une déclaration plaidant pour une exception à la limitation des mandats pour les zouma’a, les leaders charismatiques, et accusant le courant critique de vouloir exclure Ghannouchi du parti.

Vers une scission et une subalternité politique ?

Le coup de force du président Kaïs Saïed le 25 juillet – qui s’est ensuite transformé en coup d’État – a servi de catalyseur aux tensions internes d’Ennahda. Le nouveau contexte politique a rendu évidente la perte de popularité de la formation. Dans leurs chants et leurs déclarations à la presse, les citoyens qui se sont mobilisés en faveur des « mesures exceptionnelles » de Saïed, semblaient être mus aussi fortement par un rejet d’Ennahda que par un soutien au président. Tant dans l’opinion publique publiée que sur les réseaux sociaux, Ennahda est accusé de tous les maux du pays : stagnation économique, chômage très élevé des jeunes, corruption rampante, inégalités, etc. Bien que la formation islamiste n’ait contrôlé le gouvernement qu’entre fin 2011 et 2013, le fait qu’elle ait participé de manière plus ou moins importante à chaque cabinet depuis lors en fait la quintessence de l’establishment honni.

Le sentiment que la stratégie de la direction causait des dommages irréparables à la « marque Ennahda » a incité le secteur critique à signer une nouvelle lettre publique demandant la démission de l’ensemble de l’exécutif et une refonte complète du parti afin d’être mieux à même de faire face à la grave crise politique que traverse le pays. Quelques jours plus tard, le 4 août, lors d’une réunion tendue du Majlis Al-Choura, la direction s’est limitée à reconnaître la nécessité d’une « autocritique » et a formé un cabinet pour gérer la crise. Toutefois, sa composition, favorable à Ghannouchi, a convaincu ses détracteurs qu’il n’y aurait pas de changements profonds. En fait, malgré l’amélioration de la situation pandémique dans le pays, aucune date n’a même pas été fixée pour le XIème Congrès. Ainsi, fin septembre 2021, 113 dirigeants au total ont annoncé leur décision de quitter le parti, dont l’ancien ministre de la Santé, Abdellatif Mekki, l’homme politique le plus populaire d’Ennahda selon certains sondages.

Avec cette action, le parti islamo-démocrate s’est approché de la scène de sa première grande scission de l’histoire. « Le secteur critique considère qu’Ennahda est fini et complètement isolé, incapable de former des alliances avec le reste des formations politiques pour contester le projet du président. Pour l’instant, ils ne formeront pas de parti politique car leur priorité, après s’être libérés d’Ennahdha, est de rejoindre les initiatives citoyennes ou les fronts politiques en formation, pour défendre la Constitution de 2014 et la démocratie représentative qui sont menacées. Cependant, ils étudient l’évolution de la scène des partis politiques, afin de trouver leur niche, et il est difficile de penser que des figures de proue comme Mekki se retireront de la politique », affirme la chercheuse Rosa Alvárez, spécialiste de la formation islamiste.

Dans le contexte actuel, l’avenir d’Ennahda, comme celui de la transition démocratique elle-même, est un point d’interrogation. Immédiatement après son coup de force, Saïed a bénéficié d’un soutien écrasant de la part des citoyens, certains sondages le situant à près de 90 %, bien que dans les semaines qui ont suivi, ce soutien se soit érodé. En tout cas, sa popularité est suffisamment élevée pour qu’il envisage de mettre en oeuvre son projet de nouveau système politique, fondé sur la démocratie directe locale. Le rôle des partis politiques dans le nouveau système n’est pas clair, car Saïed les abhorre. Mais sa capacité réelle à faire passer un tel changement constitutionnel sans un soutien fort au sein de la classe politique, de la société civile ou des chancelleries occidentales, ne l’est pas non plus.

Dans le cas spécifique d’Ennahda, son avenir dépendra avant tout de l’issue du XIème Congrès, et notamment de la manière dont il traitera le nécessaire renouvellement de ses organes de direction. Selon les rumeurs, à 80 ans, Ghannouchi ne veut pas seulement conserver la présidence du parti, mais envisage également de se présenter aux prochaines élections présidentielles, prévues en 2024. Son ambition effrénée pour le pouvoir représente un véritable obstacle aux chances d’Ennahda de surmonter sa crise actuelle et de retrouver un rôle central dans la politique tunisienne. Ce n’est pas pour rien que Ghannouchi figure dans certains sondages comme le leader politique le moins digne de confiance aux yeux des Tunisiens. Jamais auparavant, même pas pendant l’ère répressive de Ben Ali, l’avenir d’Ennahda n’a été aussi incertain.

Les crises d’Ennahda et du PJD ont quelques points communs, car leur perte de popularité est liée à l’usure d’une longue période d’action gouvernementale, qui n’a pas répondu aux attentes de la population. S’il est clair que cela dénote des lacunes dans leur capacité de gestion, il n’est pas évident que cela soit l’expression d’un défaut intrinsèque dans leur idéologie ou leur projet politique. Mais il est clair que le contexte qui a porté ces partis au pouvoir, qui n’est pas sans rappeler celui qui a aidé les Frères musulmans en 2011, a beaucoup changé. Les islamistes n’incarnent plus les espoirs de changement, mais sont considérés comme l’establishment dans certains pays, dont la Turquie. Cela dit, il n’est pas certain que cette tendance à la baisse puisse être extrapolée à tous les pays de la région – le Hamas, par exemple, pourrait remporter les élections palestiniennes si elles avaient lieu demain – ni qu’elle sera interprétée de la même manière partout et entraînera les mêmes changements idéologiques. Le contexte local de chaque pays pèse lourd et tirer des conclusions valables pour une région aujourd’hui aussi diverse est très audacieux.