Les divisions internes compromettent la crédibilité de l’UE en tant qu’acteur pertinent en Méditerranée

28 mars 2019 | Communiqué de presse

Jusqu’à 817 experts et acteurs des relations euro-méditerranéennes de 43 pays commentent l’état des relations Europe-Méditerranée dans la 9e édition de l’enquête IEMed Euromed.

La crédibilité de l’Union européenne en Méditerranée est affectée par les divisions entre les pays membres sur des questions clés, la rebilatéralisation des relations entre les pays de l’UE et les pays partenaires méditerranéens (SME) et l’incohérence de l’approche communautaire à chacun de ces pays.

Ces facteurs, principalement sur d’autres, nuisent à l’image et au rôle que l’UE peut jouer dans la région, selon les 817 experts et acteurs des relations euro-méditerranéennes de 43 pays consultés en 2018 pour la neuvième édition du Enquête Euromed.

L’enquête avec laquelle l’IEMed évalue chaque année l’état des relations euro-méditerranéennes depuis 2009 s’est concentrée dans cette édition, intitulée «Changer les objectifs euro-méditerranéens», sur changer l’approche euro-centrique et cette fois de se concentrer sur l’Europe et en particulier sur l’impact des récents changements sur les pays du sud et de l’est de la Méditerranée.

Ainsi, l’enquête révèle comment, pour les experts euro-méditerranéens consultés, le populisme et le nationalisme sont la principale menace pour le processus d’intégration européenne et que le bloc est dans une situation bien pire aujourd’hui (pour 54% des répondants) qu´en 1995, lorsque l’UE a lancé le processus d’intégration euro-méditerranéenne avec les pays des rives sud et est de la Méditerranée. Cependant, l’UE est toujours perçue comme un acteur qui n’apporte pas d’instabilité dans la région, une catégorie dans laquelle les États-Unis (26% des répondants), les pays du Golfe (19%) ou la Russie (18%) obtiennent des scores beaucoup plus élevés.

L’appel de l’Europe

Pour la majorité consultée (50% des répondants PSM et 41% pour les Européens), l’attractivité de l’Union européenne s’est accrue depuis 2011 auprès de la société civile des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, alors qu’il a reculé parmi ses dirigeants (selon 38% des répondants PSM et 50% des Européens).

78% des répondants des PSM considèrent l’UE comme une priorité dans la politique étrangère de leur pays. En ce sens, il est le premier partenaire sur la scène internationale pour les pays du Maghreb (45%) et le deuxième pour ceux de la Méditerranée orientale (28%), seulement derrière les États-Unis. Les aspects les plus importants de la relation avec l’UE pour la plupart des répondants PSM sont la promotion de la démocratie, l’état de droit et la bonne gouvernance (19%), ainsi que la coopération culturelle et scientifique et dans l’éducation. (17%).

Validité des relations euro-méditerranéennes

Un bloc de l’enquête évaluait la pertinence des cadres et des institutions qui régissent actuellement les relations euro-méditerranéennes, telles que la politique européenne de voisinage (PEV) ou l’Union pour la Méditerranée (UpM). Dans les deux cas, une large majorité critique les quelques résultats obtenus par la PEV et l’UpM mais s’engage à sa pérennité et à repenser sa stratégie (84% dans le cas de la PEV) ainsi qu’à leur donner plus d’impulsion et de ressources (75% des répondants dans le cas de l’UpM).

Représentativité de l’enquête

817 personnes des 28 pays de l’UE (51%) et 15 du sud et de l’est de la Méditerranée (48%) ont répondu à l’enquête en 2018. La moitié sont des experts du monde universitaire et des think tanks et l’autre moitié sont des acteurs à la fois de la sphère politique (représentants des gouvernements, des institutions européennes et des organisations internationales) et de la société civile (ONG, entreprises, médias).

Publication avec analyse d’experts

Les résultats de l’enquête, ainsi qu’un rapport descriptif des principaux résultats et tendances observés, peuvent être consultés en ligne dans la publication Changing Euro-Mediterranean Lenses. 9e enquête Euromed. Elle comprend également des articles analysant les résultats écrit par des experts tels qu’Emma Bonino, sénateur italienne, ancienne commissaire européenne et ancienne ministre des Affaires étrangères d’Italie; Youssef Cherif, directeur de Columbia Global Centers, Tunisie; Intissar Fakir, chercheuse et rédactrice en chef de Sada (Carnegie Endowment for International Peace); Abdennour Benantar, professeur associé à l’Université Paris 8; Jean-Pierre Filiu, professeur d’études sur le Moyen-Orient à Sciences Po (Paris); Anis Nacrour, ancien chef de la délégation de l’UE en Syrie (2013-2016), ou Tasnim Abderrahim (Centre européen de gestion des politiques de développement).