Dialogues politiques sur la violence contre les filles dans la province de Guelma, en Algérie

20 avril 2019 | Conférence | Arabic | Anglais | Guelma
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En avril 2019, l’Association INFO-COM Jeunes de Guelma a organisé trois dialogues politiques dans le prolongement de la campagne de sensibilisation qu’elle a menée en 2017 pour diffuser les articles 333 et 341 du Code pénal qui criminalisent la violence verbale et le harcèlement sexuel contre les femmes et les filles dans les espaces publics. Les dialogues visaient également à assurer le suivi des contraintes d’application de cette loi sur le terrain.

Plus de 100 personnes ont participé à ces débats interactifs, dont 7 membres élus de l’Assemblée populaire (APW) de la province de Guelma et des Assemblées populaires municipales (APC) de Bouchegouf, Guelma et Héliopolis, en plus de personnalités représentantes de différents partis politiques et de collectivités locales opérant dans les secteurs de la jeunesse et des sports, de la sécurité nationale, de la formation professionnelle, de l’université, de l’éducation, de la santé et des affaires religieuses, ainsi que de nombreuses personnalités du secteur économique privé. D’autres acteurs clés tels que la radio régionale de Guelma, plusieurs ONG, des spécialistes juridiques, des syndicalistes, des universitaires, et deux jeunes championnes de football féminin ont également participé à ces réunions.

Les débats ont porté sur la situation de la violence à l’égard des femmes et les différents efforts déployés pour la combattre, notamment certaines actions de sensibilisation menées par les autorités de la province de Guelma pour soutenir les associations sportives féminines et créer un environnement sûr et favorable à la pratique des sports et des loisirs par toutes les personnes, quel que soit leur sexe. Pourtant, de nombreuses recommandations ont été proposées pour accélérer la lutte contre le harcèlement sexuel et les abus verbaux à l’encontre des filles de Guelma, telles que :

– Renforcer le rôle des écoles et des entités éducatives dans la prévention de la violence contre les filles et les femmes ;

– Etablir un règlement interne pour le respect mutuel entre filles et garçons dans les institutions de jeunesse ;

– Réitérer le rôle des ONG locales pour sensibiliser les jeunes et leurs familles et leur fournir les informations nécessaires, ainsi que renforcer la capacité des ONG à diffuser largement les lois et à atteindre un public plus vaste ;

– Engager les personnalités religieuses à transmettre des messages sur la non-violence et le respect ;

– Engager les médias par des reportages, des programmes, des spots et des films ;

– Améliorer le transport scolaire pour les jeunes et enfants vivant loin des écoles et des centres de formation, et surveiller le comportement des responsables de la conduction du transport scolaire et universitaire ;

– Renforcer la sécurité dans les jardins publics et les zones touristiques en augmentant les nombres du personnel d’animation, de médiation et de sécurité. 

– Faciliter les procédures juridiques pour encourager les témoignages et le dépôt de plaintes par les victimes ainsi que par les associations en tant que partie civile.

– Augmenter les peines pour les agresseurs quel que soit l’âge de la victime et affiner la définition du terme “harcèlement” dans la loi, car ce terme est actuellement assez large et diffère d’une région à l’autre de l’Algérie.

– Sensibiliser au harcèlement sexuel et à la violence contre les filles sur les médias sociaux et sanctionner sévèrement le cyber-harcèlement.

– Imposer des sanctions à qui s’abstient d’apporter une aide aux femmes qui sont maltraitées ou harcelées dans les lieux publics, ainsi qu’à qui s’abstient de déclarer ou de dénoncer ces actes.

– Impliquer l’université dans le lancement de recherches scientifiques et universitaires à propos de ces sujets.Ces dialogues politiques étaient l’une des activités du projet CSO WINS, financé par l’Union Européenne et coordonné par l’IEMed en synergie avec la Fondation des Femmes de l’Euro-Méditerranée.