Migration de personnes hautement qualifiées en temps de crise depuis l’Europe du Sud : gain ou perte de cerveaux ?

3 mars 2022. À partir de 18:30  à 20:00 | Conférence | Espanol | IEMed
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Le nombre de migrants hautement qualifiés ne cesse de croître pour plusieurs raisons. D’une part, parce qu’entre 2007 et 2017, c’est-à-dire lorsque la crise économique a éclaté, des milliers de personnes qualifiées originaires de pays tels que l’Espagne et l’Italie sont parties vers d’autres pays d’Europe et d’Amérique du Nord à la recherche de meilleures opportunités d’emploi. D’autre part, parce que, dans le contexte de l’économie de la connaissance et de la course aux talents mondiaux qui en résulte entre les pays hautement industrialisés, plusieurs gouvernements ont mis en œuvre des politiques visant à attirer des migrants hautement qualifiés. Dans le même temps, compte tenu de ce que la conférencière Riaño a appelé « la migration par amour », l’amour est aujourd’hui un facteur central du projet et de la décision de s’installer ailleurs. La Suisse en est un bon exemple : près de 40 % des mariages qui y sont célébrés chaque année sont des unions binationales entre un/e Suisse et un/e immigrant/e. Une grande partie de ces migrants ont une formation universitaire.

Le contexte évoqué soulève d’importantes questions de recherche : les migrants hautement qualifiés parviennent-ils à obtenir un emploi correspondant à leurs qualifications ou, au contraire, n’obtiennent-ils que des emplois inférieurs à leur formation ? Dans quelle mesure ? L’orateur analyse le cas de la Suisse, un pays qui compte un nombre élevé de migrants hautement qualifiés provenant de divers pays.

Riaño adopte une perspective intersectionnelle pour examiner dans quelle mesure il existe des différences en termes d’intégration sur le marché du travail entre les migrants hautement qualifiés et les ressortissants ainsi qu’entre les hommes et les femmes. Les résultats mettent en évidence le rôle clé du sexe et du pays de naissance, ainsi que les stratégies que les couples adoptent pour se partager le travail rémunéré et le travail domestique.

Yvonne Riaño est professeure titulaire à l’Institut de géographie de l’université de Neuchâtel et membre du Comité national suisse de l’Union géographique internationale (UGI). Elle dirige également un groupe de recherche sur l’entrepreneuriat migrant transnational au sein du nccr-on the move, le Pôle de recherche national (PRN). Spécialisée dans la géographie de l’inégalité, Mme Riaño utilise une perspective féministe et des méthodologies participatives dans son travail pour contribuer à l’autogestion des établissements informels dans les villes d’Amérique latine et dans son travail sur le rôle des politiques migratoires dans le façonnement des inégalités d’accès au marché du travail, entre autres domaines de recherche. Elle a publié une large sélection d’articles dans des livres et des revues internationales. Parmi ses publications les plus récentes, citons « Understanding brain waste : Unequal opportunities for skills development between highly skilled women and men, migrants and non-migrants » (dans Population, Space and Place, 2021) et « Policies of international student mobility and migration : theoretical and empirical insights » (avec Christof Van Mol et Parvati Raghuram, dans Globalisation, Societies and Education, 2018), entre autres.

Modérateur : Thales Speroni, chercheur postdoctorant de CER-Migracions. Conférence cooorganisée par l’IEMed dans le cadre du programme Aula Mediterrània 2021-22 en collaboration avec CER-Migracions.

Tenue dans la salle de conférences de l’IEMed, Girona, 20 – Barcelone, cette conférence peut aussi être suivie sur la chaîne Youtube de l’IEMed.

Speakers


Conférencière

Yvonne Riaño

Professeure titulaire Institut de Géographie, Université de Neuchâtel
Modérateur

Thales Speroni

Chercheur post-doctorant CER-Migracions

Organisé par