Réfugiés: sans paix au Moyen Orient, ils continueront à venir

14 septembre 2015 | In the Media
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« Nous avons été surpris par la crise des réfugiés », a déclaré Xavier Aragall, un expert en migration de l’IEMed, pour qui la situation au Moyen-Orient aura tôt ou tard des conséquences directes sur le continent européen. Dans une interview à Radio 4, Aragall a expliqué que la guerre en Syrie, la déstabilisation de l’Irak et de l’Afghanistan, le fragile équilibre démographique de pays comme la Jordanie, le Liban et la Turquie, qui accueillent des centaines de milliers de réfugiés, et les conflits en Afrique et le Sahel, forment le contexte qui explique l’augmentation du flux de réfugiés vers l’Europe.

Le manque de planification européenne pour gérer les demandes d’asile de manière ordonnée et agile et «l’arrivée imminente de l’hiver» sont deux autres raisons qui contribuent à expliquer pourquoi nous sommes confrontés à la plus grande crise de réfugiés depuis la seconde guerre mondiale.

Interrogé à l’occasion de la réunion extraordinaire sur la migration des ministres européens de l’Intérieur aujourd’hui à Bruxelles, Aragall a commenté qu’il est important d’établir clairement la distinction entre migrant économique et réfugié et de convenir d’urgence la répartition des réfugiés entre les pays membres. « Avec la fermeture des frontières, l’Allemagne a sonné hier l’alarme sur la nécessité pour tous les pays d’accueillir des réfugiés. »

Cependant, il estime que les négociations avec la Commission européenne ne seront pas faciles car il y a des pays, comme l’Allemagne et la Suède, avec une tradition d’asile plus longue et mieux préparés à accepter l’arrivée de réfugiés, que les pays méditerranéens européens, qui croient qu’en ces dernières années, ils ont accueilli un important contingent de migrants économiques.

Pour tout cela, Aragall considère que l’UE et la communauté internationale, en plus de faire face à la crise humanitaire actuelle, doivent prendre des décisions difficiles, au niveau diplomatique et étranger, pour contribuer à la stabilisation du Proche-Orient.

Écoutez l’interview sur « Morning on Radio 4 » ici

Écoutez l’interview sur Capital Radio ici