« Les frappes aériennes en Syrie ne changent rien sur le terrain »
16 avril 2018 | In the Media
« Nous ne verrons pas d’escalade militaire entre les États-Unis et la Russie, et la frappe aérienne de samedi matin ne changera pas la dynamique sur le terrain dans le conflit en Syrie. »
C’est ce qu’a déclaré ce matin Lurdes Vidal, directrice du département Monde arabe et méditerranéen de l’IEMed, dans un entretien avec El Matí sur Ràdio 4 dans laquelle elle analysait les conséquences de l’attaque aérienne du 14 avril menée par les États-Unis, la France et le Royaume-Uni contre les installations de recherche militaire et les armes chimiques en Syrie.
Pour l’analyste, la réaction des trois pays à l’attaque contre la population civile de Douma avec l’utilisation – comme cela a été rapporté – d’armes chimiques, est simplement « une démonstration de force qui ne change pas la dynamique sur le terrain, car il ne diminue ni la capacité d’action du régime, ni n’a d’effet sur le soutien qu’il reçoit de la Russie et de l’Iran, ni ne donne plus de force aux rebelles… ».
Pour Vidal, les conséquences seront plus régionales dans le sens où dans les guerres par procuration au Moyen-Orient on finit par voir « des actions de réponse contre des intermédiaires internes, pas directement contre les États-Unis mais contre des acteurs considérés comme alliés ou favorables aux États-Unis ».
De plus, selon Vidal, toute annonce d’un côté ou de l’autre ne changera pas le sentiment de vulnérabilité à une nouvelle attaque chimique parmi la population civile. En ce sens, elle a rappelé à l’écrivaine syrienne Samira Khalil que dans son livre Diary of the Siege of Duma (2013) décrivait la psychose collective qui avait généré une éventuelle attaque chimique.
Étant donné que l’attaque ne changera pas la dynamique du conflit, Vidal a également été très critique avec le message qui est donné au régime d’al-Assad, « tuer, mais par des canaux réglementaires ».