L’UE reste un acteur clé en Méditerranée

24 janvier 2019 | Corporate news
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La crédibilité de l’Union européenne en Méditerranée est affectée par les divisions entre les pays membres sur des questions clés, la rebilatéralisation des relations entre les pays de l’UE et les pays partenaires méditerranéens (SME) et l’incohérence de l’approche de la Communauté envers ces pays.

Ces facteurs nuisent à l’image et au rôle que l’UE peut jouer dans la région, selon les 817 experts et acteurs de 43 pays consultés en 2018 pour la neuvième édition de l’Enquête Euromed.

L’enquête avec laquelle l’IEMed évalue l’état des relations euro-méditerranéennes depuis 2009 s’est concentrée dans cette dernière édition sur l’Europe et en particulier sur l’impact des changements récents sur les pays du sud et de l’est de la Méditerranée.

Ainsi, l’enquête révèle comment, pour les experts euro-méditerranéens consultés, le populisme et le nationalisme sont la principale menace pour le processus d’intégration européenne et que le bloc est dans une situation pire aujourd’hui (pour 54% des répondants) qu´en 1995, lorsque l’UE a lancé le processus d’intégration euro-méditerranéenne de Barcelone avec les pays de la rive Sud et Est de la Méditerranée. Cependant, l’UE est toujours perçue comme un acteur qui n’apporte pas d’instabilité dans la région, une catégorie dans laquelle les États-Unis (26% des répondants), les pays du Golfe (19%) ou la Russie (18%) obtiennent des scores beaucoup plus élevés.

L’appel de l’Europe

Pour la majorité consultée (50% des répondants PSM et 41% pour les Européens), l’attractivité de l’Union européenne s’est accrue depuis 2011 auprès de la société civile des pays du Sud et de l’Est de la Méditerranée, alors qu’elle a reculée parmi ses dirigeants (selon 38% des répondants PSM et 50% des Européens).

78% des répondants de la rive Sud de la Mediterranée considèrent l’UE comme une priorité dans la politique étrangère de leur pays. En ce sens, l´UE est le premier partenaire sur la scène internationale pour les pays du Maghreb (45%) et le deuxième pour ceux de la Méditerranée orientale (28%), seulement derrière les États-Unis. Les aspects les plus importants de la relation avec l’UE pour la plupart des répondants de la rive Sud sont la promotion de la démocratie, l’état de droit et la bonne gouvernance (19%), ainsi que la coopération culturelle et scientifique et dans l’éducation (17%).

Validité des relations euro-méditerranéennes

Un bloc de l’enquête évaluait la pertinence des cadres et des institutions qui régissent actuellement les relations euro-méditerranéennes, telles que la politique européenne de voisinage (PEV) ou l’Union pour la Méditerranée (UpM). Dans les deux cas, une large majorité critique les quelques résultats obtenus par la PEV et l’UpM mais s’engage à sa pérennité et à repenser sa stratégie (84% dans le cas de la PEV) ainsi qu’à leur donner plus d’impulsion et de ressources (75% des répondants dans le cas de l’UpM).

Représentativité de l’enquête

817 personnes originaires des 28 pays de l’UE (51%) et 15 du sud et de l’est de la Méditerranée (48%) ont répondu à l’enquête en 2018. La moitié sont des experts dans le domaine universitaire et les think tanks et l’autre moitié sont des acteurs à la fois de la sphère politique (représentants des gouvernements, des institutions européennes et des organisations internationales) et de la société civile (ONG, entreprises, médias).