Turquie : politique, élections, constitutions

Le pays se prépare pour réformer la Constitution : l’ethnie kurde, le laïcisme et l’indépendance du pouvoir judiciaire, sont quelques unes des questions à traiter.

Ilter Turan

La Turquie est arrivée à un point d’inflexion dans son histoire. Tous les grands acteurs politiques, en commençant par les partis politiques, s’accordent sur le fait que le pays a besoin d’une nouvelle Constitution. Aux élections du 12 juin 2011, les dirigeants politiques, sans aucune exception, ont insisté sur le fait que l’une des priorités de la nouvelle législature serait l’élaboration d’une nouvelle Constitution.

L’expérience du pays se distingue d’autres démocraties dans lesquelles certains groupes préfèrent défendre une Constitution existante, tandis que d’autres souhaitent introduire des modifications importantes ou changer le document dans son intégralité. La particularité de la situation turque requiert l’analyse de l’évolution politique dans le pays et la recherche des motifs conduisant à donner, récemment, au changement de Constitution, une place privilégiée à l’ordre du jour.

L’héritage de la modernisation par le haut

La modernisation, qui puise ses origines dans la modernisation ottomane, s’est vue stimulée par les défaites militaires successives devant les puissances européennes occidentales. Elle commença dans le domaine militaire pour couvrir peu à peu d’autres aspects de la vie sociale, après avoir compris que la limitation du changement à la seule sphère militaire était insuffisante pour relever le défi. À la différence des sociétés européennes occidentales dans lesquelles la modernisation a été le résultat de processus sociaux autonomes, l’État turc a adopté une décision politique délibérée visant à transformer la société et a retroussé ses manches pour développer les instruments et les cadres de travail, et former le personnel qui permettra d’affronter le changement.

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