Co-édition avec Estudios de Política Exterior
Tendances économiques

Vers un partenariat plus vert et plus intelligent

Alberto Rizzi
Chercheur invité et chercheur associé au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR).
Parc éolien en Égypte. oliver weiken/picture alliance via getty images

Outre d’autres changements impor­tants, la guerre de la Russie contre l’Ukraine a suscité un regain d’intérêt de l’Europe vis-à-vis du sud de la Méditer­ranée et a poussé l’Union européenne (UE) à se tourner vers la région, afin de trouver d’autres fournisseurs d’énergie et de se détacher de Moscou. Bien qu’il s’agisse d’un retour plutôt que d’une nouveauté, le fait que l’Europe se tourne à nouveau vers la région offre l’occasion de construire un nouveau partenariat axé sur des dimensions inédites de la coopération plutôt que de reproduire l’ancien modèle.

Historiquement, la coopération énergétique entre l’Europe et le sud de la Méditerranée a été basée sur l’importa­tion de combustibles fossiles le long d’un axe sud-nord. L’Europe, avec son haut niveau d’industrialisation et son manque de sources d’énergie, a été un parte­naire naturel pour les pays d’Afrique du Nord, qui sont bien dotés en ressources pétrolières et gazières. Cette interdé­pendance s’est poursuivie pendant des décennies et ne s’est atténuée qu’après le Printemps arabe, au début des années 2010. Inquiets des vagues d’instabilité et de violence politique dans la région, les pays européens se sont de plus en plus tournés vers Moscou. De fait, la Russie était largement considérée comme un pays stable et un partenaire énergétique plus fiable, et elle est rapidement deve­nue le premier fournisseur de gaz de l’Europe, un statut qu’elle a conservé même après s’être emparée de la pé­ninsule de Crimée en Ukraine en 2014. Tout a changé avec l’invasion à grande échelle du territoire ukrainien en février 2022. L’Europe a alors été contrainte de repenser radicalement sa politique éner­gétique et de mettre fin à sa dangereuse dépendance à l’égard de la Russie. L’UE a opté pour une double déconnexion : s’éloigner de la Russie dans ses achats de gaz et, dans le même temps, redoubler son engagement en faveur de la transi­tion écologique en prévoyant une forte baisse de l’utilisation du gaz comme source d’énergie. Pour remplacer le gaz russe, l’Eu­rope s’est à nouveau tournée vers le Sud et a renouvelé sa coopération énergé­tique avec les pays d’Afrique du Nord, partenaires parfaits en raison de leurs ressources et de leur proximité géo­graphique. Malgré les limites de leur capacité de production excédentaire et les obstacles infrastructurels, les pro­ducteurs du sud de la Méditerranée, l’Algérie en particulier, sont à nouveau les principaux fournisseurs de l’Europe.

REGARDER AU-DELÀ DU COURT TERME POUR FAIRE AVANCER LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

Cependant, ce regain d’intérêt européen vis-à-vis de la région s’est jusqu’à pré­sent concentré uniquement sur les be­soins énergétiques à court terme, c’est-à-dire sur la sécurisation de l’accès aux approvisionnements essentiels en gaz, et a accordé peu d’attention aux objec­tifs à long terme d’une UE qui aspire à atteindre la neutralité climatique d’ici 2050 et à jouer un rôle de premier plan dans la transition écologique mondiale. Le fossé entre ces deux dimensions est évident, d’autant plus que seule une pe­tite partie des accords énergétiques si­gnés par l’UE avec les pays d’Afrique du Nord prévoit des dispositions sur l’éner­gie verte. De plus, dans la plupart des cas, il s’agit de simples recommanda­tions qui ne comportent pas de clauses contraignantes. Une UE trop concen­trée sur ses besoins énergétiques immé­diats dans son partenariat avec le sud de la Méditerranée risque de manquer des opportunités uniques, et pourrait mettre en péril ses objectifs climatiques. Ceci est d’autant plus vrai que, suite à la guerre en Ukraine, l’UE a décidé d’accé­lérer sa transition énergétique, comme le montre l’ambitieuse législation sur le climat adoptée ces derniers mois.

Un premier facteur de risque im­portant pour l’UE est de rester coincée dans des contrats de combustibles fos­siles à long terme avec les pays du sud de la Méditerranée, qui présentent un inté­rêt légitime à prolonger la durée de leurs approvisionnements. Pour les grands exportateurs de gaz tels que l’Égypte et l’Algérie, la conclusion d’accords pour plusieurs décennies serait une ga­rantie de revenus réguliers dans les de­vises souhaitées, ce qui leur permettrait de disposer de ressources précieuses pour leurs budgets et leurs services publics. Ce fait marque déjà une nette divergence entre les objectifs des pays d’Afrique du Nord et ceux de l’UE : la lé­gislation approuvée et les prévisions de la demande indiquent que, d’ici 2030, la consommation de gaz en Europe sera réduite de plus d’un tiers par rapport aux niveaux de 2019. De plus, les pro­ducteurs de gaz d’Afrique du Nord ont clairement indiqué à plusieurs reprises que pour fournir davantage de gaz à l’Europe, ils auraient besoin d’investis­sements européens dans l’extraction et le transport. Cela pose d’énormes pro­blèmes, non seulement parce que cela va à l’encontre de l’engagement de la Banque européenne d’investissement (BEI) et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) de cesser de financer les com­bustibles fossiles à l’étranger, mais aus­si parce que cela comporte un risque très important d’accumulation d’actifs échoués. Ce risque est encore plus grand dans le cas des infrastructures, qu’il s’agisse de terminaux de gaz naturel li­quéfié (GNL) ou de gazoducs. En raison de leur coût très élevé et des longs délais de construction, ces investissements né­cessitent généralement une très longue durée de vie utile qui, dans le cas de grands travaux couvrant de longues distances, peut prendre jusqu’à deux décennies pour être amortis. Malgré cela, les discussions ont repris de part et d’autre de la Méditerranée au sujet de la création de nouvelles connexions gazières, en particulier en Méditerranée orientale, où d’importantes réserves ont été découvertes. Toutefois, étant donné que la demande européenne de ce com­bustible devrait diminuer fortement d’ici 2030, et encore plus d’ici 2050, il existe peu de chances crédibles que ces gazoducs soient utilisés pendant toute leur durée de vie utile, à moins que l’UE ne revienne sur ses engagements en matière de climat et ne respecte pas ses propres objectifs.

Au lieu de reposer sur le gaz, le nou­veau partenariat énergétique euromédi­terranéen devrait se concentrer sur les énergies renouvelables et unir les deux rives de la Méditerranée dans la pour­suite de la décarbonisation et de la lutte contre le changement climatique. Bien que le nouvel Agenda méditerranéen – le cadre des relations de l’UE avec son voisinage méridional – fasse de la tran­sition écologique l’un de ses cinq grands domaines d’action (et qu’une certaine coopération ait déjà commencé), il est impératif de l’intensifier de manière significative. Il s’agit d’une condition indispensable non seulement pour at­teindre les objectifs climatiques de l’UE, qui comprennent l’électrification future de vastes secteurs de l’économie à l’aide d’énergies renouvelables produites lo­calement et importées, mais aussi en raison des effets catastrophiques du changement climatique auxquels le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord sont exposés. Selon un rapport du Centre de recherche sur le climat et l’atmosphère de l’Institut de Chypre et de l’Institut Max Planck de chimie, dans l’ensemble de la Méditerranée, les températures risquent d’augmenter deux fois plus vite qu’au niveau mondial, les prévi­sions les plus pessimistes annonçant une hausse de quatre degrés d’ici 2050. Cela ajouterait un stress énorme à des populations qui souffrent déjà de graves difficultés liées à la disponibilité d’eau potable, un bien auquel plus de 60 %des habitants de la région n’ont que peu ou pas d’accès. Les effets des sécheresses croissantes dues au réchauffement cli­matique pourraient sérieusement dé­tériorer la sécurité alimentaire, qui est déjà précaire dans les pays touchés. En outre, les impacts économiques d’un changement climatique incontrôlé sont estimés supérieurs à la moyenne mon­diale en raison du grand nombre d’acti­vités productives situées dans les zones côtières exposées à l’élévation du niveau de la mer, et des finances publiques déjà tendues de la plupart des économies nord-africaines, qui ne disposent pas des ressources nécessaires pour com­penser les pertes et les dommages liés au climat.

Alors qu’un scénario aussi sombre suffirait à justifier une action clima­tique plus audacieuse de l’UE dans la région, le renforcement du partenariat euroméditerranéen pour l’énergie verte offre également des opportunités et des avantages cruciaux. En effet, l’Afrique du Nord dispose non seulement d’abon­dantes réserves de combustibles fos­siles, mais aussi d’un énorme potentiel en matière de sources d’énergie renou­velables. Selon l’Atlas solaire mondial de la Banque mondiale, la région pos­sède l’une des plus grandes capacités photovoltaïques inexploitées au monde, bien plus importante que celle de l’Eu­rope. Outre l’ensoleillement important tout au long de l’année, les pays de la région disposent de vastes superficies pour les fermes solaires qui, comme on le sait, nécessitent de grandes surfaces de terrain. Alors qu’en Europe, l’instal­lation de centrales photovoltaïques est souvent en concurrence directe avec l’agriculture, car les terres sont rares, en Afrique du Nord, la plupart des terres disponibles sont désertiques et il serait difficile de les utiliser à d’autres fins. Des parcs solaires existent déjà dans la région et d’autres sont en cours de construction, souvent avec le soutien d’institutions européennes de finance­ment du développement, mais jusqu’à présent, ils ont été principalement des­tinés à réduire la dépendance nationale à l’égard des combustibles fossiles.

En effet, les économies de la région sont presque exclusivement alimentées par les hydrocarbures et le charbon. Comme l’indique l’étude Planification et pers­pectives pour les énergies renouvelables : Afrique du Nord de l’Agence interna­tionale pour les énergies renouvelables (IRENA, selon les sigles en anglais), en 2019, 49 % de l’approvisionnement en énergie primaire était constitué de gaz, 41 % de pétrole et 5 % de charbon. Les énergies renouvelables représentaient le même pourcentage que le charbon, le combustible fossile le plus polluant. Même au Maroc, considéré comme le leader de l’énergie verte dans le sud de la Méditerranée, elles ne représentaient que 10 % de l’approvisionnement éner­gétique total.

Maintenant que l’Europe est sur le point de passer du statut de grand im­portateur d’hydrocarbures d’Afrique du Nord à celui d’acheteur d’énergie re­nouvelable, le principal défi consistera à impliquer les partenaires régionaux de manière à ce que la production main­tienne un équilibre entre l’exportation et la consommation intérieure. Avec l’augmentation de la demande d’élec­tricité et la croissance démographique, les mesures d’efficacité, ainsi que les réformes du marché, sont devenues in­dispensables. En effet, dans la plupart des pays de la région, l’électricité est fortement subventionnée, ce qui n’in­cite guère à réduire le gaspillage.

Une autre raison pour l’UE d’aider ses partenaires nord-africains à décar­boniser leurs économies est liée à l’intro­duction du Mécanisme d’ajustement car­bone aux frontières (MACF). En vertu de la législation récemment adoptée, l’UE appliquera des droits de douane supplé­mentaires aux marchandises provenant d’économies à forte intensité de carbone, à moins qu’elles n’introduisent des mé­canismes de tarification du carbone ou qu’elles ne réduisent considérablement leurs émissions. En vue d’intégrer les économies du sud de la Méditerranée dans les chaînes d’approvisionnement de l’UE, il serait essentiel que les produits de la région aient une faible empreinte carbone, faute de quoi les industries dé­localisées dans les pays voisins de la rive sud ne seraient pas compétitives.

Un partenariat renouvelé en matière d’énergie verte entre l’Europe et le sud de la Méditerranée bénéficierait aussi grandement de la proximité géogra­phique, qui limite les coûts de transport, un aspect crucial tant pour l’établisse­ment de connexions électriques que pour l’acheminement d’autres éner­gies renouvelables. C’est notamment le cas de l’hydrogène vert, produit par électrolyse en utilisant uniquement de l’électricité provenant de sources renouvelables. On s’attend principale­ment à ce que l’hydrogène vert remplace le gaz dans les industries qui ne peuvent pas être électrifiées, ou qu’il soit utili­sé comme matière première dans des processus chimiques, ainsi que dans les transports à l’aide de véhicules à pile à combustible (VPC). L’UE prévoyant d’importer la moitié de ses besoins en hydrogène vert d’ici 2030, l’Afrique du Nord est considérée comme l’une des principales sources d’approvisionne­ment en raison de son potentiel renou­velable élevé et de la faible distance qui la sépare de l’Europe. Ce dernier point est d’une importance capitale, car le transport de l’hydrogène, qu’il soit li­quéfié ou transporté par pipelines, est particulièrement complexe et coûteux. Le Maroc a déjà lancé un projet pilote pour produire d’hydrogène vert, tandis que l’Égypte a présenté une stratégie ambitieuse en matière d’hydrogène vert lors du sommet COP27 à Charm el Cheikh. L’Algérie a récemment élaboré une feuille de route pour l’hydrogène vert dans le but de répondre à environ 10 % des besoins européens d’ici 2030.

Pour l’instant, le principal obstacle à l’augmentation de la production d’hydro­gène vert et d’énergies renouvelables en Afrique du Nord est le manque de finan­cement, car les acteurs locaux manquent souvent de ressources financières, et les entreprises de combustibles fossiles, qui appartiennent pour la plupart à l’État, veulent profiter le plus longtemps pos­sible des prix élevés du pétrole et du gaz, limitant ainsi les dépenses dans les éner­gies renouvelables. D’autres obstacles sont liés au manque d’accès aux techno­logies et au savoir-faire appropriés, ain­si qu’à la résistance politique. En effet, la logique rentière qui domine souvent dans les pays exportateurs nets d’éner­gie incite les élites dirigeantes à se méfier des changements majeurs dans la struc­ture économique, car ils représentent une menace susceptible d’ébranler leur position dans le système politique. L’UE doit donc s’engager dans un dialogue constructif qui communique clairement les opportunités économiques du pas­sage aux énergies renouvelables.

LA STRATÉGIE GLOBAL GATEWAY EN TANT QU’UN OPPORTUNITÉ

Pour relever ces défis, l’UE doit s’ap­puyer sur la stratégie Global Gateway, l’initiative phare pour stimuler la connectivité extérieure et soutenir la transition verte, dans les économies émergentes. Un an et demi après sa pré­sentation, le plan montre peu d’intérêt pour la région méditerranéenne, qui n’a reçu qu’une infime partie des fonds al­loués. Cette lacune doit être comblée, car l’initiative constitue le cadre idéal, non seulement pour financer une nou­velle relation énergétique entre l’Europe et le sud de la Méditerranée, mais aus­si pour partager les connaissances, les bonnes pratiques et la formation profes­sionnelle nécessaires pour favoriser la coopération entre les deux parties dans le domaine des énergies propres.

Un aspect crucial de cette nouvelle relation concerne les infrastructures. Au lieu de construire des gazoducs qui ne seront nécessaires que pendant une courte période, l’UE devrait se concentrer sur l’augmentation des in­terconnexions électriques entre les pays d’Afrique du Nord et l’Europe. Un bon exemple financé dans le cadre du Glo­bal Gateway est le câble ELMED, une interconnexion électrique avec une ca­pacité de 600 mégawatts, prévue pour relier l’Italie à la Tunisie. Bien que ce projet soit un pas dans la bonne direc­tion, il est le seul de ce genre à figurer sur la liste des connexions du Global Gateway pour la région. Avec le soutien et la technologie de l’UE, les pays du sud de la Méditerranée peuvent devenir des exportateurs d’énergie verte et fournir à l’Europe de l’électricité produite à partir d’énergies renouvelables, tout en décarbonisant leurs propres économies.

La modernisation des câbles sous-marins est essentielle, non seu­lement pour la transition écologique, mais aussi pour la transition numé­rique. Avec une économie intelligente en pleine croissance et davantage de données circulant à travers la Médi­terranée, une modernisation à grande échelle de l’infrastructure de câblage actuelle, qui est déjà dépassée et dont la capacité est insuffisante pour soutenir la numérisation et la décarbonisation de l’économie, est nécessaire. De fait, la production d’énergie propre nécessi­terait des interconnexions numériques, qui sont les lignes de vie de l’économie d’aujourd’hui, transportant des infor­mations essentielles pour le commerce, la communication et les finances. Alors que le sud de la Méditerranée, l’Égypte en particulier, a longtemps été consi­déré comme une passerelle numérique vers le Golfe, l’Asie ou l’Afrique, la ré­gion elle-même constitue un marché en pleine croissance pour les fournisseurs de services numériques, ce qui requiert une amélioration des connexions. Cela est d’autant plus nécessaire que la ré­gion s’intègre de plus en plus dans les chaînes européennes d’approvisionne­ment en énergie verte, qui dépendront d’un flux important de données traver­sant la Méditerranée. Les connexions à grande vitesse telles que le programme MEDUSA – un câble de 7 100 kilo­mètres reliant les pays de l’UE et de l’Afrique du Nord – lancé par l’UE et la BEI seront de plus en plus nécessaires pour construire une nouvelle ère de connectivité. Les consortiums euro­péens peuvent jouer un rôle de premier plan dans l’établissement de ces liaisons, car ils possèdent le savoir-faire fonda­mental pour la construction et la pose de câbles sous-marins, ainsi qu’une ex­périence significative dans ce domaine.

Cependant, cette connectivité numé­rique ne doit pas seulement être conçue dans une dimension verticale, mais les actions doivent également favoriser l’amélioration des connexions entre les pays du sud de la Méditerranée. Celles-ci sont au jour d’aujourd’hui manifeste­ment rares et inadéquates et reflètent une faible intégration qui limite considé­rablement les possibilités de croissance économique. Cependant, la coopération numérique entre l’Europe et ses parte­naires nord-africains ne devrait pas se limiter à l’infrastructure physique ; l’UE pourrait également fournir la formation et la préparation essentielles pour déve­lopper les compétences numériques des jeunes de la région, les dotant ainsi des compétences nécessaires pour travailler dans une économie en voie de numé­risation. De plus, le développement de structures d’e-gouvernance et la numé­risation du secteur public constituent un domaine d’importance croissante dans la région. La situation des services publics numériques, aggravée par la pandémie de Covid-19, reste très insatisfaisante, comme l’indique l’enquête EuroMed de l’Institut européen de la Méditerranée, d’autant plus compte tenu des besoins d’une population en croissance rapide. Le soutien technique de l’UE aux sec­teurs publics du sud de la Méditerranée dans cette tâche améliorerait également la qualité et la transparence de la gou­vernance, promouvant ainsi les valeurs européennes dans la région.

Enfin, un autre domaine de coopé­ration potentielle sur les questions nu­mériques concerne les acteurs écono­miques privés, en particulier les petites et moyennes entreprises. La plupart d’entre-elles manquent de ressources et de savoir-faire pour développer leur activité sur des marchés de plus en plus numériques, un fait extrêmement perti­nent étant donné que l’UE devrait cher­cher à intégrer la région dans ses chaînes de valeur. Les programmes européens visant à favoriser la diffusion des compé­tences numériques dans les entreprises privées du sud de la Méditerranée, don­neraient un élan important à la tendance à la délocalisation vers la région.

S’il existe une lueur d’espoir pour l’Europe dans le contexte actuel de guerre et de crise énergétique, c’est bien la redécouverte de la Méditerranée par l’Europe. Cela ouvre une fenêtre d’op­portunité pour un nouveau partenariat qui devrait être basé sur une connectivi­té durable. La voie vers une Europe plus verte et plus prospère passe par un nou­veau partenariat euroméditerranéen, et le Global Gateway pourrait bien consti­tuer la dernière chance de renforcer les relations entre les deux rives./

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