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LE POIDS DE L'IMAGINAIRE TURCO-OTTOMAN : LE CAS DE LA TURQUIE LORS DU DERNIER MONDIAL DE FOOTBALL

SEMIH VANER
Politologue, Centre d'Études et de Recherches Internationales, Paris

Ampliar imatgeÀ propos de la célébration du dernier Mondial de football, l'auteur analyse le jeu de représentations des médias européens dans les visions sur la Turquie. C'est ainsi que l'Europe occidentale considère que la réalité turque est éloignée, n'a pas de liens à partager, est imprégnée par la présence de la religion musulmane –on perçoit rarement la réalité chrétienne européenne– que les équivoques et l'ignorance s'y entrecroisent, surtout sur un ton négatif et critique qui mélange topiques et clichés.

Pour un spectateur passionné de football, comme moi, à défaut de pouvoir pratiquer ce sport, le Mondial m'a beaucoup détourné de mes travaux et recherches : les médias –en l'occurrence essentiellement français– et la façon dont ils reflétaient la compétition, mais il fut aussi la source de quelques observations. Elles concernaient la participation et les performances visiblement inattendues de l'une des équipes, en l'espèce celle de la Turquie, pays dont je suis originaire. Il m'a semblé que ces observations renvoyaient à la question des représentations qui continuent à jouer, d'une manière diffuse, voire parfois tangible, un certain rôle dans les rapports entre l'Europe et la Turquie. Peuvent-elles être résumées en l'occurrence par l'image du « club chrétien » ? La question est certainement plus complexe: elle est néanmoins liée à la problématique de l'altérité.

L'Europe, dans la mesure où l'on peut parler d'une « seule Europe », a un regard d'extériorité vis-à-vis de la Turquie. Cette attitude semble avoir refait surface depuis la fin de la guerre froide pendant laquelle l'alliance politique et militaire, implicite ou explicite, que l'Union européenne avait conclue avec Ankara, l'avait quelque peu occultée sans la faire disparaître. Cette « extériorité » est liée à l'histoire de l'Europe, à sa culture, à sa religion, en bref à son « identité », étant entendu que cette identité n'est pas immuable et pérenne, pour ne pas dire qu'elle est « illusoire », comme toute autre identité. En dépit de sa « vocation européenne », c'est-à-dire de son droit à demander son adhésion à l'Union européenne, conformément au Traité de Rome, l'intégration de la Turquie n'est pas considérée comme allant de soi, comme ce fut le cas pour l'Espagne ou la Grèce, pour nous limiter à l'Europe du Sud. Le problème ne se réduit pas à son niveau socio-économique, ni à son déficit démocratique, problèmes pourtant réels. Certes, la question ne se pose pas dans un seul sens, et le même rejet existe dans certaines couches de la société turque qui perçoivent l'UE comme une entité étrangère à la culture turque. Toutefois, la Turquie, prise comme acteur unique, se trouve dans la position de demanderesse, ce qui marginalise relativement le rejet qui pourrait exister. (#1)

En effet, dans la conjoncture du début du XXIe siècle, le facteur culturel et religieux revêt une importance particulière dans les relations entre « l'Occident », dont on occulte souvent l'appartenance à la religion chrétienne, et « le monde musulman ». La révolution iranienne, le régime issu de cette révolution, la guerre civile en Algérie, les crises de la Bosnie et du Kosovo, interprétés souvent et à des degrés divers à travers la grille religieuse, l'accès probable au pouvoir du parti islamique en Turquie après les élections législatives du 3 novembre 2002 et, d'une manière plus générale, ce que l'on appelle dans les médias occidentaux, à tort ou à raison, « la résurgence » ou « la montée de l'islam », ont projeté, semble-t-il, l'élément culturel au premier plan des relations turco-européennes. Il est par ailleurs évident que le facteur culturel revêt, surtout s'il trouve également une justification géographique, une plus grande signification dans certains cas spécifiques, par exemple dans les questions relatives à l'adhésion du Maroc et de la Turquie à l'Union européenne, que dans celles, déjà réalisées, de l'Espagne, du Portugal et de la Grèce ou celles, en attente, de Malte et de la Pologne. (#2)

Aussi importe-t-il de cerner le facteur culturel, l'imaginaire européen et ottoman-turc, de s'efforcer de saisir aussi, dans la mesure du possible, le non-dit. L'élément culturel apparaît, en l'occurrence, d'autant plus incontournable que l'Empire ottoman hier, la Turquie aujourd'hui, se sont placés, par leur contiguïté géographique de l'Europe, au contact direct d'États chrétiens et ont eu ou ont renoué avec eux des relations conflictuelles ou des alliances, des échanges commerciaux et intellectuels. Aussi faudrait-il nuancer nos trois propositions :

•  On ne saurait réduire les relations entre l'Europe et la Turquie aux relations entre la chrétienté et l'islam. Cela n'a pas toujours été vrai, dans le passé, lorsqu'il s'agissait des rapports entre l'Europe et l'Empire ottoman ; c'est encore moins vrai aujourd'hui pour les rapports entre l'UE et la Turquie, les relations internationales ayant acquis, de nos jours, un haut degré de complexité;

•  Il serait peut-être inconvenant mais non excessif d'avancer que le facteur religieux occupe toutefois une place privilégiée dans l'édification des images que les deux entités se font l'une de l'autre. Les perceptions et les mentalités collectives ne sont pas sans influer sur le comportement des deux entités au niveau diplomatique. Hormis des cas évidents, où le religieux ou plus exactement le « culturel » sert parfois de substrat aux idées xénophobes, d'exclusion voire racistes, il n'est pas toujours aisé de repérer et de localiser l'élément religieux dans de tels comportements. Pour ce faire, il est nécessaire d'évaluer isolément les intérêts et la politique de chaque État communautaire. La manifestation ou l'instrumentalisation de l'élément culturel ou religieux apparaît lorsque ces relations renferment ou dissimulent un enjeu de politique interne localisée ou non (comme dans le cas de la France) ou de politique régionale ou internationale (comme dans le cas de la Grèce); (#3)

•  Les relations entre la Turquie et l'UE et plus particulièrement la question de l'adhésion ne sauraient être expliquées uniquement à partir des perceptions réciproques. C'est là où apparaissent nettement les limites de l'approche culturelle. Il importe, par conséquent, de repérer et de cerner les facteurs d'ordre plus spécifiquement politique ou socio-économique qui militent en faveur de l'adhésion turque à l'UE, et les facteurs plus nombreux du même ordre, qui semblent y faire obstacle.

Identité négative et repoussoir politique

Comme toutes les propositions énoncées de façon quelque peu péremptoire en quelques phrases, les nôtres demandent à être explicitées et cernées, ne serait-ce que brièvement. Vus d'Europe, l'Empire Ottoman et la Turquie ont servi d'identité négative et de repoussoir politique. Sans être épuisé, le thème a fait - en termes plus généraux d'Occident et d'Orient - l'objet de travaux remarquables. Il semble toutefois certain que les images négatives ont marqué et marquent encore l'approche européenne de l'islam et de l'Orient. Et dans cet Orient, l'Empire ottoman a longtemps occupé une place de choix. La trajectoire de l'imaginaire européen sur la Sublime Porte n'a pas d'ailleurs été sans subir distorsions et sinuosités ; elle obéit à une périodisation ayant sa propre logique. Despote, despotique, despotisme et surtout « despotisme oriental » font leur entrée dans les vocabulaires politiques occidentaux, notamment au début du XVIIIe siècle. À travers la critique politique d'un pouvoir qui a peu de rapport avec la réalité politique ottomane, c'est la société ottomane-musulmane, dans son ensemble, qui se trouve directement désignée comme manquant de civilité, de savoir et d'aptitude. Les catégories de Montesquieu sont poussées jusqu'à l'absurde par Wittfogel pour qui pratiquement tout régime qui n'est pas européen (au sens large) ressort du « despotisme oriental ». (#4)

Aujourd'hui encore, la tentation est grande chez nombre d'Occidentaux de ranger automatiquement le régime politique turc dans une vague catégorie de « dictature », comme si c'était un destin, une fatalité, même lorsque le pluralisme politique y fonctionne, et sans s'interroger sur les obstacles concrets et pas forcément de nature culturelle, auxquels se heurte l'ancrage démocratique, contrairement à ce que l'on ferait par exemple, envers l'Argentine ou la Roumanie, pays de culture latine. Il est vrai que les fréquentes interruptions du processus démocratique en Turquie ou, si l'on préfère, les éclaircies démocratiques qui ponctuent durablement les situations autoritaires, facilitent la tâche.

Certes, même si l'image péjorative de l'Autre existe bel et bien, il serait excessif et simpliste de ne voir dans les rapports entre l'Europe et l'Empire ottoman qu'un affrontement direct et constant entre la chrétienté et l'islam. D'abord, parce que l'Europe, creuset d'histoires multiples (politiques, culturelles, sociales, etc.), ne se réduit pas à la seule religion, ni même, comme le relève Edgar Morin, « à la synthèse judéo-christiano-gréco-romaine », mais consiste en un dialogique , c'est-à-dire un « jeu non seulement complémentaire, mais aussi concurrent et antagoniste entre ces instances qui ont chacune leur propre logique » . (#5) Ensuite, la politique ne suit pas toujours le clivage culturel et religieux : lorsque les Ottomans assiègent deux fois Vienne, en 1529 et 1683, les Européens, bien qu'inquiets, ne s'unissent pas, ne font pas cause commune, François Ier s'allie avec Soliman le Magnifique, en raison de sa rivalité avec les Habsbourg, démontrant ainsi que les zones conflictuelles du « croissant » et de la « croix » ne sont pas toujours et nécessairement irréductibles. Enfin, les intérêts sont toujours surveillés et le commerce suit toujours son cours : au moment du déclin de l'Empire ottoman, les émissaires occidentaux se bousculent à Constantinople afin d'assurer aux commerçants et créanciers de leurs pays respectifs des avantages aussi substantiels que possibles. Cette image négative et persistante de l'Orient qui existe en Europe renvoie bien entendu à la question des modes de perception de la modernité. L'islam, quasi « immuable », « entrave sur la voie de la modernité », est perçu comme une religion qui génère fatalement un régime politique « despotique ». (#6)

Ainsi il n'est guère étonnant de lire sous la plume d'un universitaire spécialiste des relations extérieures de l'Union européenne: « La Turquie peut-elle assumer les obligations d'un État membre?... La réponse dépend, pour l'essentiel, de l'évolution d'une société turque restée ancrée dans sa culture islamique avec des structures sociales encore très différentes de celles de l'Europe occidentale » . Cette perception négative est évidemment mal reçue par les Turcs; elle n'est pas toujours évaluée à sa juste mesure. Elle a inéluctablement des répercussions au niveau de sa politique internationale et surtout de sa politique européenne. Pour être plus concret, il nous semble que c'est, entre autres raisons, derrière cette méfiance que se cache la réticence de la Turquie à porter son différend avec la Grèce (en mer Égée) devant la Cour internationale de justice ; c'est ainsi que s'explique, pour nombre de Turcs, le vote du Parlement européen ou français sur le « génocide arménien », l'absence de réactions des Occidentaux face à la persécution de la communauté turque en Bulgarie avant la chute de Jivkov ; la désignation systématique des Azéris « turcs », comme coupables ou meurtriers dans le conflit du Haut-Karabakh aujourd'hui sous occupation arménienne, etc. Deux des questions techniques qui apparaissent –nécessairement le premier pas au niveau officiel- dans le dossier UE-Turquie, à savoir la croissance démographique turque et la libre circulation des travailleurs qui suscitent un certain malaise dans les États membres de l'UE, pourraient être liées, dans une certaine mesure, à la question de la perception.

La tentation était à la fois séduisante et difficile à assumer pour le spectateur installé face à son poste de télévision, d'avoir présent à l'esprit tout cet arrière-plan, sans tomber dans le piège huntingtonien, sans procéder à des généralisations hâtives. Bien évidemment, la méconnaissance, l'ignorance et l'indifférence sont à la base des représentations négatives. Ce point était manifeste lorsque tel commentateur de la télévision française relevait, lorsque l'équipe turque marquait un but: « J'imagine maintenant la joie qui règne à Istanbul! ». Et l'autre commentateur d'ajouter: « Et à Constantinople! ». (#7)

 

Ottomans, encore ?

Tout d'abord, on peut retenir la méconnaissance pour ne pas dire l'ignorance qui se manifeste dans la confusion faite souvent par les médias entre l'Empire ottoman (dissous définitivement avec l'abolition du sultanat en 1922) et la proclamation de la République en 1923. Ainsi, pour Le Figaro , le principal club stambouliote « confirme l'essor indubitable du football ottoman » . Il faudrait en effet rappeler que l'équipe turque s'appuyait sur le noyau dur du Galatasaray, actuel ou ancien, qui, grâce aux performances réussies par ce club depuis quelques saisons en Coupe d'Europe (victoire en Coupe de l'UEFA et en Super-coupe d'Europe 2000, face au Real Madrid, quart de finale de Ligue des Champions en 2001), a acquis désormais l'expérience nécessaire des grands matchs.

La référence erronée à l' ottomanité revient sans cesse, accompagnée de commentaires très négatifs : « L'équipe ottomane présente des faciès hermétiques, oppose des regards vides quand les journalistes, au fil des obstacles avalés, espèrent un flot de confidences, quand les reporters implorent des images. […] Situation étonnante que celle d'un demi-finaliste rancunier qui promène un visage de défiance quand sourire et satisfaction devraient accompagner ses pas. » , écrivait encore le quotidien parisien. Dans le même quotidien du même jour, l'envoyé spécial à Osaka estime que « la Corée du Sud et la Turquie […] s'invitent en demi-finale, déclenchent l'hystérie, provoquent des avalanches d'interrogations en vue de jauger la qualité de l'édition 2002, d'évaluer ses demi-finalistes » . « Les Ottomans s'étaient inclinés (1-2) contre le Brésil, avaient fait match nul avec le Costa Rica (1-1) puis gagné (3-0) face à la Chine », résumait le quotidien réputé le plus sérieux de France avant de conclure : « En mal de reconnaissance mondiale mais aussi dans son propre pays, l'équipe turque veut à tout prix atteindre les demi-finales de la Coupe du monde, histoire de se réconcilier définitivement avec elle-même. ».

Libération n'échappe pas à l' ottomanité en relatant la rencontre avec le Sénégal qui a les faveurs justifiées du reste du public français : « Au début de la première mi-temps, les charges héroïques de l'attaquant Lensois, tout juste recruté par Liverpool, semblent en mesure de percer le mur ottoman. » . El País n'y échappait pas non plus: « El equipo turco debutaba contra Brasil como víctima propiciatoria, pero el equipo otomano decidió ganar la batalla del look.  » .

Eric Collier (envoyé à Miyagi) n'a pas suffisamment de mots pour fustiger la sélection turque, sans pouvoir éviter les stéréotypes et les phantasmes : « Le grand calme des joueurs japonais n'a pas suffi à déstabiliser les Turcs, plus connus pour leur tempérament excessif [...] les turbulents Turcs apprennent à maîtriser leur colère » . C'est souvent le mot « rêve » qui revient dans les titres et les commentaires . (#8)

Les propos les plus méprisants étaient signés le 2 juillet  : « Les Coréens ont perdu, battus par des Turcs nettement moins brillants qu'eux, mais infiniment plus roublards. Dommage, car la victoire n'aurait sûrement pas regretté d'avoir choisi le camp coréen. […] Quant aux Turcs, ils entendaient bien profiter de l'aubaine pour embellir encore un parcours dont eux-mêmes ne se croyaient sûrement pas capables. [...] Et pour Hakan Sükür, le capitaine adverse (de l'équipe coréenne), de combiner avec Ilhan Mansiz, son jeune compère de l'attaque, une ruse de vieux roublard dont le gardien de la Corée du Sud doit encore aujourd'hui essayer de comprendre le sens. […] Les Coréens ont mordu dans chaque ballon, se ruant vers le but adverse au mépris de toute prudence. Les Turcs, malins, les ont laissés venir, pour mieux les poignarder dans le dos ». (#9)

Le correspondant de l'Équipe, Jean-Philippe Cointot rivalise avec son confrère du Monde dans le mépris et le dénigrement : « Les partenaires de Hakan Sükür se sont comportés comme des enfants gâtés. […] Ridicules, ils l'auront été jusqu'au bout. Comme leur entraîneur, Senol Günes, qui, lors de la conférence de presse obligatoire, n'a rien trouvé de plus intelligent à dire que : `Le Brésil va disputer face à l'Allemagne la finale la plus facile de toute son histoire´, pronostic pourtant confirmé. Et de continuer avec la même condescendance : `La troisième place, après-demain en Corée, peut-elle être considérée comme un objectif suffisamment noble pour cette formation turque qui rêvait tant de grandeur ?' ». « Suffisamment noble » ? Il faudrait probablement poser la question à Senol Günes s'il trouve la formule « suffisamment intelligente ».

Au fur et à mesure qu'avançait la compétition et que les victoires-surprises (!) de cette équipe inattendue devenaient nombreuses, les analyses devenaient plus clémentes, voire parfois plus pertinentes et justes : « Dans ce Mondial, chaque jour qui passe apporte son lot de surprises. La dernière, de taille, a eu lieu le samedi 22 juin sur la pelouse du stade d'Osaka. Une équipe que personne n'attendait à pareille fête a offert aux 45.000 privilégiés présents et aux dizaines de millions de téléspectateurs une qualité de jeu collectif assez remarquable. Face à des Lions sénégalais physiquement épuisés, les Turcs de Senol Günes ont développé l'un des jeux les plus agréables que l'on ait pu voir depuis le début de la compétition. Rapides, excellents techniciens, multipliant les combinaisons, les appels en profondeur et les changements d'aile, les joueurs au maillot rouge […] » .

Quelques vues plus nuancées par des voix compétentes : « De même, la présence de la Turquie à ce niveau n'est pas une surprise. Depuis plusieurs années, les clubs turcs réalisent de très bons parcours dans les différentes coupes d'Europe. La Turquie est un pays de football et la sélection, quart de finaliste à l'Euro 2000, s'est installée dans le gotha européen. C'est une équipe complète, avec de fortes individualités, que je comparerais volontiers à la Croatie de 1998. ».

D'une manière générale, les commentateurs soulignent le fait que la Turquie se trouve plongée dans une profonde crise économique et sociale et, ajoutent-ils parfois, politique. Ils rappellent aussi que les réussites de l'équipe nationale turque interviennent à un moment où le premier ministre Bülent Ecevit manifeste des signes de défaillance physique et où la coalition gouvernementale est chancelante. (#10) D'autres, en donneurs de leçon, se plaisent à mêler tout et désignent du doigt la Turquie, au mépris des progrès accomplis dans le domaine du respect des droits de l'homme, seul pays candidat pour lequel aucune date de négociations n'a été fixée. Peu de connaissance sur le fait qu'existent, notamment à Istanbul, de grands et vieux clubs comme le Galatasaray, le Besiktas et le Fenerbahçe qui ont continué à former de jeunes éléments prometteurs. Surtout peu de cas est fait de l'évolution et du dynamisme d'une société méconnue, mal connue.

Destacats

(#1) Existe dans certaines couches de la société turque qui perçoivent l'UE comme une entité étrangère à la culture turque

(#2) Dans la conjoncture du début du XXIe siècle, le facteur culturel et religieux revêt une importance particulière dans les relations entre « l'Occident » et « le monde musulman »

(#3) Le facteur religieux occupe toutefois une place privilegiée dans l'edification des images que les deux entités se font l'une de l'autre

(#4) Vus d'Europe, l'Empire Ottoman et la Turquie ont servi d'identité négative et de repoussoir politique

(#5) Il serait excessif et simpliste de ne voir dans les rapports entre l'Europe et l'Empire Ottoman qu'un affrontement direct et constant entre la chrétienté et l'islam

(#6) L'islam, quasi « immuable », « entrave sur la voie de la modernité », est perçu comme une religion qui génère fatalement un régime politique « despotique »

(#7) La méconnaissance, l'ignorance et l'indifférence sont à la base des représentations négatives

(#8) Les Turcs, plus connus pour leur tempérament excessif [...] les turbulents Turcs apprennent à maîtriser leur colère

(#9) Les Turcs, malins, les ont laissés venir, pour mieux les poignarder dans le dos

(#10) Les commentateurs soulignent le fait que la Turquie se trouve plongée dans une profonde crise économique, sociale et politique




 
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