Congrés Mundial Moviments Humans i Immigració (MHI)
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opinions des protagonistes
Joseph H. Carens. Professeur de sciences politiques à l'Université de Toronto (Canada)
Je pense que le Congrès Mondial Mouvements Humains et Immigration (MHI) est une initiative intéressante parce qu’il traite de la question des migrations de manière ouverte, sans être sur la défensive, et qu’il permet la rencontre d’un vaste éventail d’acteurs susceptibles d’interaction et d’échange d’idées et de points de vue. J’ai particulièrement apprécié l’accent mis sur le dialogue interculturel.
Joseba Achotegui. Médecin psychiatre. Professeur titulaire à l’Université de Barcelone, UB. Directeur de SAPPIR
J'ai participé, depuis le début du projet, à la préparation du Congrès Mondial Mouvements humains et Immigration. Il me semblait indispensable que le Forum universel des cultures Barcelone 2004 dispose d'un vaste espace de débat sur cette réalité sociale qu'est la migration et dans laquelle nous sommes tous plongés : ceux qui émigrent, ceux qui accueillent les immigrants et ceux qui restent dans leur pays d'origine et voient partir leurs êtres chers. Les migrations sont l'affaire de tous.
Gabriela Rodríguez. Rapporteuse spéciale des Droits Humains des Immigrants des Nations Unies. Haut Commissariat des Nations Unies aux Droit de l'Homme.
En tant que rapporteuse spéciale des droits humains des migrants de la commission des droits humains de l'ONU, je considère que le congrès mondial « Mouvements humains et Immigration » est une excellente occasion de rencontre et de débat. Les pays d'origine, de transit et de destination des migrants doivent partager des responsabilités dans tout le processus migratoire et tenir compte des aspects sociaux, économiques, culturels, religieux et de sécurité humaine.
Le dialogue ouvert entre les différents acteurs - les États-Unis, les ONG, les organismes internationaux et les instances locales et régionales – s'avère primordial pour développer des propositions qui facilitent la gestion de politiques migratoires intégrales, depuis la perspective des droits humains.
Stephen Castles. Directeur du Centre d'études des réfugiés. Queen Elizabeth House de l'Université d'Oxford (Royaume-Uni)
Les migrations internationales sont devenues le thème central en ce début de XXIe siècle. L'abîme qui se creuse entre le Nord et le Sud quant aux standards de vie, aux droits humains et à la sécurité suscite une pression très forte qui pousse à migrer. Parallèlement à ce fait, les nouvelles technologies de transport et de communication permettent aux gens de se déplacer plus facilement. Au lieu de s'installer de manière permanente dans un nouveau pays, de nombreuses personnes circulent, font des allées et venues, et adoptent une conscience transnationale. Les gouvernements, d'autre part, sont souvent coincés dans des modèles démodés de séparation nationale. Leurs efforts pour contrôler la situation deviennent à la fois plus draconiens et moins efficaces. Le congrès MHI donnera l'occasion aux migrants, aux académiciens, à la société civile et aux décideurs politiques de se réunir pour discuter de nouvelles solutions afin de faire face à ces dilemmes.
Robyn Iredale. Directrice du Réseau de recherches des migrations en Asie. Professeur à l'École de géosciences de l'Université Wollongong (Australie)
L'Asia Pacific Migration Research Network (APMRN) est très heureux de participer au congrès Mouvements Humains et Immigration. L'APMRN inclut le Japon, la Corée, la Chine, Taiwan (non officiel), les Philippines, le Vietnam, l'Indonésie, la Malaisie, la Thaïlande, Singapour, le Bangladesh, l'Inde, le Népal, le Sri Lanka, l'Australie, la Nouvelle Zélande et les Îles du Pacifique.
Il s'agit là d'une occasion unique pour les personnes de notre région de participer à une conférence globale qui aborde certains des thèmes clé actuels dans le domaine des migrations internationales. Étant donné que nous englobons plus de 60 % de la population mondiale, les grandes tendances au sein de notre région et entre l'Asie Pacifique et le restant du monde sont un thème d'étude à explorer. La mobilité pour le travail, l'installation et l'intégration, ainsi que les thèmes liés aux réfugiés, sont des priorités pour nous et nous souhaitons en discuter de manière positive et enrichissante.
Philippe Fargues. Directeur du Consortium Euro-Méditerranéen pour la Recherche Appliquée sur les Migrations Internationales, Instuitut Universitaire Européen, Florence (Italie)
Imaginez un monde de nations sans migrations internationales. Les gens circuleraient sans doute de l'une à l'autre, mais sans jamais se fixer ailleurs que chez eux, si bien qu'un peuple ne connaîtrait des autres que ce que le commerce lui fait parvenir de leur production matérielle et ce que les moyens de communications lui livrent de leur production idéelle. Il n'en aurait qu'une connaissance indirecte, sans contact réel. Ce serait un monde bien ennuyeux. Ce serait également un monde très dangereux. Ignorant les autres, chacun s'arc-bouterait sur des certitudes jamais remises en question, et le chauvinisme règnerait en maître. A l'image d'un patrimoine génétique qui ne se régénèrerait point, ce monde dépérirait. Les migrations sont une des formes de l'échange, aussi indispensable que les autres à la reproduction et au progrès des sociétés. Tout individu sur terre possède dans sa généalogie plus ou moins proche des ancêtres venus d'ailleurs. Il ne faut pas pour autant verser dans l'angélisme : les migrations ne font pas automatiquement le bonheur. S'expatrier est un choix difficile à formuler, et plus difficile encore à mettre en œuvre en raison des résistances sociales et politiques qu'il rencontre. La sédentarité est la règle et la migration l'exception : moins de trois pour cent des hommes sont des migrants internationaux. C'est un paradoxe des migrations que d'apparaître nécessaires à l'histoire des sociétés mais contingentes dans le cycle de vie des personnes. Pour la première fois, les migrations internationales ont leur congrès mondial, avec pour maître mots « dialogues » et « expériences » : saluons Barcelone, qui en a eu l'heureuse initiative !
Mohamed Khachani. Président de l'Association marocaine d'études et de recherches sur les migrations. Professeur à l'Université Mohammed V, Rabat (Maroc)
La migration constitue un enjeu majeur dans les relations entre les pays riches et les pays pauvres A cet égard, je souhaite que ce Congrès soit l'occasion d'ouvrir un débat serein qui déstructure les préjugés et l'image négative collés à la migration et aux migrants et de montrer qu'au-delà des stéréotypes et des préjugés et du "coût de l'immigration", il y a une "dette à l'envers" occultée à la fois par les discours politique et médiatique et absente des champs d'intérêt de la recherche académique. Ce Forum qui s'organise sous le signe de la promotion du social devrait être une tribune idoine pour réhabiliter la migration et les migrants
Michael Doyle, Harold Brown Professor of Law and International Affairs, ancien assistant du secrétaire général de l'ONU et conseiller spécial de M. Kofi Annan.
L'importance des migrations internationales devient de plus en plus claire de nos jours. Comme l'a fait remarquer le secrétaire général, M. Kofi Annan : « Notre manière de traiter la question des réfugiés et la politique migratoire aura des effets profonds sur les relations entre les peuples des pays développés et en voie de développement. Cela en dira également long sur notre morale et sur notre engagement quant à l'équité et la dignité humaine. » Bien que les migrations aient été pendant longtemps une question sensible de souveraineté nationale, elles développent progressivement leurs dimensions régionale et internationale. Un nombre croissant d'États cherchent des mécanismes régionaux et internationaux qui permettent de débattre et de mieux comprendre les thèmes et les tendances des migrations. De nombreux pays souhaitent améliorer la coordination et développer des lignes directrices régionales ou internationales pour ce que l'on considère un phénomène global avec de vastes ramifications économiques, sociales et sécuritaires. Les migrants cherchent quelqu'un ou une institution qui défende leurs droits et traite de leurs besoins.
Ricard Zapata Barrero , Professeur du département des Sciences politiques de l'Université Pompeu Fabra. Barcelone
Les processus qui découlent de grandes transformations sociales créent des tensions politiques et sociales et provoquent des discussions profondes. Ce qui est certain, c'est que les décisions sur la manière de gérer ces processus sont importantes. Ce qui est en jeu, c'est le type de société future que nous sommes en train de concevoir. De nos jours, le facteur de changement social est l'adaptation de l'immigration dans des structures institutionnelles pensées initialement pour une population civique. Les débats qui traitent de savoir si nous sommes pour ou contre le processus datent du siècle dernier. Le processus est irréversible. Nos réflexions doivent éviter que nous partions de fausses prémisses. La question, actuellement, est de débattre de la manière de gérer le processus sans porter préjudice aux valeurs qui vertèbrent nos sociétés. Le MHI s'inscrit dans cette dynamique de réflexion. Il aidera à socialiser ce thème et aura une influence globale. Pendant le congrès, nous serons dans un espace public interdépendant. Les quatre points cardinaux sur lesquels les débats seront organisés constituent le cadre qui contiendra tous les arguments : transformations, mobilité, diversité et justice. Ce sera, sans nul doute, une occasion sans précédents non seulement de transmettre de l'information existante, provenant de théories et d'expériences de tous les continents, mais aussi d'être un laboratoire de production d'information.
Lelio Mármora , Directeur de l' Institut National de la Statistique et du Recensement d'Argentine. (INDEC)
Le MHI est une initiative très intéressante compte tenu du moment où il aura lieu. Ce moment se caractérise par un cadre global qui donne son souffle aux mouvements humains du point de vue d'une culture de la migration qui s'installe de manière croissante dans de vastes secteurs sociaux. D'autre part, on tente de les limiter par le biais de politiques migratoires de plus en plus restrictives. Ces mouvements sont, dans de nombreux cas, le résultat de l'exclusion sociale que crée le modèle économique qui domine. À leur tour, et de manière croissante, ces mouvements sont stigmatisés par la réapparition de la doctrine de la sécurité nationale qui tente de les apparenter au terrorisme et sont discriminés par le préjudice et la xénophobie encouragée, dans certains cas, par des politiques opportunistes. Paradoxalement, ces migrations sont nécessaires pour couvrir des demandes insatisfaites de main d'œuvre ou comme migration de remplacement dans des sociétés en processus de vieillissement. Dans ce cadre de situations contradictoires et coexistantes, l'espace de réflexion que propose le MHI offre une bonne occasion d'analyser objectivement le phénomène et de réaffirmer les « propositions éthiques » qui situent le migrant comme un sujet de plein droit.
Jean-Pierre Garson. Chef de la division des économies non membres et des migrations internationales. OCDE
Au moment où la globalisation des économies et la puissance des médias et des technologies de l'information donnent l'impression qu'il est possible de tout connaître, que nous avons tous un langage commun, les organisateurs du Congrès mondial sur les mouvements humains et l''immigration, nous invitent à nous interroger sur ce que nous savons vraiment des autres, de ce que qui nous est étranger, de la vie et de la culture d'un nouvel immigrant, de toutes les forces qu'il doit déployer, simplement pour survivre en exil ou parfois même retourner dans son propre pays? De par la multitude et la diversité des personnes qu'il mobilise, ce Congrès représente un observatoire qui devrait nous permettre d'aborder et de débattre de manière plus humaine des chances et des enjeux économiques et sociaux de l'immigration. En contribuant à dissiper les zones d'ombre qui entâchent le phénomène des migrations, le Congrès mondial sur les mouvements humains et l'immigration se propose de gommer les frontières de l'ignorance qui nous a fait perdre le sens de l'étranger.
Manolo I. Abella, directeur du Programme international de Migrations, OIT
Le Congrès MHI est une initiative audacieuse et créative qui peut enrichir notre compréhension de la valeur et du sens des mouvements humains dans les sociétés modernes. Elle est audacieuse parce qu'elle essaie de faire ce qui ne l'a jamais été auparavant, c'est-à-dire d'extraire des perspectives non seulement des experts ou des décideurs politiques mais aussi de différents groupes sociaux qui sont touchés, d'une manière ou d'une autre, par les migrations. Elle est créative parce qu'elle cherche à ce que cette activité soit gérable en organisant des dialogues ou des échanges d'idées à propos de thèmes d'actualité tels que la diversité, la justice ou le progrès. Je me réjouis à l'idée que le congrès contribuera à dégager de nombreuses nouvelles perspectives en vue de la construction d'un régime de migrations international bien plus humain.
Carlos Boggio. Représentant du HCR
Le Congrès Mondial MHI est important parce qu'il offre un espace de rencontre internationale pour l'échange de points de vue sur différents aspects des mouvements migratoires. Les réfugiés y ont leur place, car il s'agit de sensibiliser les acteurs qui interviendront dans ce Forum quant aux mesures que doivent adopter les gouvernements pour préserver le droit d'asile dans le cadre du contrôle de l'immigration irrégulière.
Biao Xiang. Université de Beijing (Chine)
Le débat sur la Migration est dominé
par deux types de discours. L'un est le discours des gouvernements
et des agences internationales qui utilisent les mots clef
" gérer l'immigration " et " mouvements
ordonnés ". L'autre discours est celui des ONG,
axé sur la notion de " droits de l'homme ".
L'écart entre ces deux discours a créé
une confusion considérable dans les opinions du public.
Le Congrès Mondial MHI peut contribuer à combler
le fossé grâce à l'assistance d'un large
éventail de participants. Les problèmes en
rapport avec l'immigration sont souvent des problèmes
liés à la perception de l'immigration plus
qu'à l'immigration elle-même. En ce sens, le
Congrès MHI se tourne directement vers les causes
majeures des tensions sociales relatives à l'immigration.
Congreso Mundial Movimientos Humanos e Inmigración (MHI)