afkar / idées. Revue trimestrielle pour le dialogue entre le Maghreb, l'Espagne et l'Europe
Revue trimestrielle pour le dialogue entre le Maghreb, l'Espagne et l'Europe
Español | Français      

afkar / idées. Revue trimestrielle pour le dialogue entre le Maghreb, l'Espagne et l'Europe
 
 

Publications

Política Exterior
Numéro 100 (juillet/août 2004)
Estudios de Política Exterior. Madrid 2004. 204 pp.


Dix-sept ans après sa naissance, la revue Política Exterior a publié son numéro 100 en juillet. Créée en 1987 avec la finalité de diffuser des études et des analyses sur les intérêts espagnols hors de l'Espagne et les courants de pensée mondiaux, Política Exterior a réuni dans ce numéro spécial des auteurs tels que George F. Kennan, Jacques Delors, Jody Williams, Bernat Soria, Hubert Védrine, Federico Mayor Zaragoza, Norman Birnbaum, Miguel Herrero de Miñón ou Víctor Pérez Díaz.

Les changements vécus en Europe depuis 1989, l'évolution de la Russie, l'union monétaire européenne, l'émergence de l'Asie et de l'Amérique latine, l'évolution du Maghreb, le conflit au Proche-Orient, les nouveaux risques environnementaux, énergétiques et informatiques du monde actuel, le terrorisme international, la progression de la langue espagnole aux Etats-Unis, sont quelques exemples des sujets largement débattus dans les pages de Política Exterior.

Dirigée par Darío Valcárcel, Política Exterior est une publication bimestrielle indépendante de tout parti politique, groupe ou secteur d'opinion. Chacun de ses numéros rapporte l'opinion d'auteurs de tout premier ordre dans des matières telles que la diplomatie, la sécurité, la défense, la coopération, l'économie, l'environnement, les droits de l'homme, les relations transatlantiques, l'Union européenne, l'énergie, l'intégration régionale... en définitive, tous les thèmes qui définissent le monde actuel et détermineront son avenir. Áurea Moltó, Política Exterior




Marroc i Egipte. Cròniques de l'Anaconda
Jaume Mestres. Col. De Viatge. Ed. Columna. Barcelone 2004. 298 pp.


A partir de ses voyages au Maroc et en Egypte, dans cet ouvrage, Jaume Mestres nous fait part de ses impressions de bon voyageur dans deux pays d'Afrique du Nord, géographiquement si proches de l'Europe mais à la fois tellement différents par leurs coutumes et leurs styles de vie.

L'origine du livre réside dans une série de chroniques hebdomadaires que l'auteur lisait dans l'émission « De viatge », sur Cataluña Radio, au cours des saisons 1998 (Maroc) et 2001-02 (Egypte). Mestre complète et revêt ces chroniques d'un langage descriptif ne laissant échapper aucun des petits détails qu'il observe au cours de son périple.

« Marroc i Egipte » est structuré en deux grands blocs, qui correspondent à ses deux voyages. Il inclut en outre un prologue de l'écrivain catalan Alfred Bosch et une trentaine de photographies en couleur de l'auteur.

Chaque bloc est à son tour divisé en plusieurs chapitres (un total de 82 : 24 se référant au Maroc, et le reste à l'Egypte) qui narrent chacune des situations vécues par l'auteur. Avec force de détails, Mestre transmet dans ce qui se déroule devant ses yeux : les médinas des villes marocaines, la vie dans les oasis d'Egypte, les changements chromatiques du désert, ses nuits dans des pensions populaires, ses trajets en train et en tout-terrain, ses conversations, etcétéra. Et c'est justement là, pour beaucoup de critiques, que se trouve tout l'intérêt du livre : le fait que l'auteur se soit écarté des grandes destinations touristiques de Marrakech et du Caire, pour se plonger dans des formes de vie quasi médiévales, pratiquement inchangées depuis la nuit des temps.

En définitive, le lecteur a la sensation d'être totalement immergé dans chacune des situations décrites. Comme l'affirme Bosch dans le prologue, « [le livre]… permet au lecteur de se convertir en une sorte d'acteur… et, en définitive, de voyager sans bouger de son fauteuil ». Rédaction afkar/idees




Oussama. La fabrication d'un terroriste
Jonathan Randal. Albin Michel. Paris 2004. 400 pp.


Parmi tant de littérature superficielle sur le terrorisme international, au milieu de tant d'impuissance morale et conceptuelle pour expliquer le phénomène d'Al Qaeda, cet « Oussama » de Jonathan Randal se présente comme l'une des premières tentatives sérieuses de nous faire découvrir l'histoire personnelle et politique d'Oussama Ben Laden. Fort d'un quart de siècle d'expérience dans le monde arabe en qualité de correspondant du « Washington Post », Randal est l'un des rares analystes capables de répondre aux questions que se pose la moitié de l'humanité depuis le 11 septembre 2001. Comment a-t-on pu en arriver là ? Comment expliquer la confusion de la première puissance mondiale pour comprendre et combattre le premier ennemi ayant frappé en plein cœur de l'empire ? Comment Al Qaeda a-t-elle pu naître et croître sans que ni l'Occident ni les régimes arabes menacés ne se soient aperçu à temps du danger de son existence ? Grâce à quels complices Ben Laden a-t-il pu survivre pendant les premiers moments décisifs d'Al Qaeda ? Comment peut-on la combattre efficacement, si nous n'en comprenons pas la nature ? Sûrement pas avec une guerre comme celle d'Iraq, qui a rendu encore plus difficile la lutte contre le terrorisme (comme l'a expliqué Richard Clark) et a fourni à Ben Laden un tremplin moral et logistique dont les conséquences sont imprévisibles.

L'une des vertus de l'ouvrage de Randal est sa capacité à éviter les deux explications simplistes du phénomène Ben Laden. Le monstre n'est pas un enfant du Coran, malgré ce que s'obstinent à affirmer tous les analystes occidentaux. Ni même du Coran rigoriste en usage dans les mosquées et les écoles d'Arabie Saoudite. Ou il n'est pas seulement cela, même si le wahhabisme qui règne en Arabie et le régime des Saud lui ont fourni l'alibi religieux, voire même davantage, lors de ses premiers pas, en encourageant et en finançant la djihad contre les soviétiques en Afghanistan. Le monstre ne s'est pas non plus échappé d'un laboratoire américain, comme l'écrivent trop d'analystes arabes, pour lesquels le mal ne peut pas avoir pris racine sur la terre du Prophète. La fabrication du terroriste a été un processus long, complexe, dans lequel se mêlent les responsabilités des uns et des autres : de l'Occident, et de nombreux régimes arabes. Ben Laden est simplement le fils de sa mère – l'un des chapitres les plus fascinants du livre, qui représente tout un voyage dans le monde médiéval des tribus saoudites et yéménites – et d'une série d'intérêts qui ont contribué à sa consolidation comme un phénomène global. Des Etats-Unis, bien entendu, qui lui donnèrent tous types de facilités et de missiles Stinger pour dérouter les soviétiques en Afghanistan, de l'Arabie Saoudite qui paya la facture et croyait s'être enlevé une épine du pied en envoyant l'enfant prodige faire un stage de djihad, mais aussi du Soudan, qui l'hébergea pendant des années décisives, l'Egypte, qui lui fournit des dijhadistes pour alléger les prisons du Caire, et des européens (presque tous) qui, pendant des années, ont confondu le multiculturalisme avec le fait de fournir de l'aide à ceux qui allaient et venaient d'Afghanistan ou de Tchétchénie, ou encore aux islamistes maghrébins les plus extrémistes qui seraient ensuite le fer de lance d'Al Qaeda en Europe. L'ouvrage de Randal introduit le lecteur dans un labyrinthe d'incompréhensions et de complicités qui expliquent, au terme d'un long et complexe périple, comment a été fabriqué le terroriste. Comment nous sommes arrivés à ce point sans que personne, ou presque personne, ne se rende compte de l'ampleur du phénomène avant le 11-S. Vers la fin du livre, Randal s'interroge sur les conséquences de la réponse erronée de l'administration Bush aux brutaux attentats de New York et de Washington ; mais alors que la mode est à la critique contre Bush, que l'on compare avec Clinton, il rappelle également l'épisode peu édifiant de l'intervention tardive au Soudan, qui culmina par le fiasco du bombardement d'une usine de médicaments. Et il s'interroge sur la responsabilité d'une société qui s'est entretenue pendant deux ans avec le cas Lewinsky, juste entre les attentats d'Al Qeda en Afrique Orientale et le 11-S, une période décisive pour la consolidation d'Al Qaeda.

Randal échappe également, bien entendu, aux interprétations basées sur des faits aussi certains qu'insuffisants : la marginalisation du monde arabe, son humiliation, la politique à double tranchant vis-à-vis du conflit du Proche-Orient, le désordre international qui a succédé à l'ordre de la guerre froide. Il sait que Ben Laden ne peut pas s'expliquer seulement par le drame palestinien ou par le manque de perspectives des sociétés arabes. Sans ce contexte, Ben Laden n'aurait pas existé, ou n'aurait pas atteint cette notoriété. Seulement ainsi il est possible de comprendre l'impact ambivalent de son existence et son action auprès de nombreux arabes et musulmans. Mais la fabrication du terroriste est un processus complexe, qui implique à parts égales le monde arabe et l'Occident. À nous autres occidentaux, il nous interpelle parce que nous avons été incapables d'ouvrir une nouvelle perspective avec le monde arabe. Un retour vers le passé ne peut fonctionner que s'il n'y a pas d'avenir. Mais il nous dit aussi que nous regardions ailleurs alors que le phénomène prenait déjà des proportions inquiétantes, et qu'il était encore temps de le cantonner dans son espace d'origine. C'est ce mélange d'arrogance et d'inconscience, dont ont fait preuve les USA et l'Europe, qui explique pourquoi nous sommes arrivés à une telle situation. Andreu Claret




Fitna, guerre au coeur de l'islam
Gilles Kepel. Ed. Gallimard. Paris 2004. 380 pp.


Fidèle au style de ses publications précédentes, Gilles Kepel réalise dans cet ouvrage une analyse minutieuse et exhaustive de l'actualité mondiale, en tournant autour d'un axe central qu'il maîtrise à la perfection : l'islamisme radical et combattant. Si dans « Djihad, expansion et déclin de l'islamisme », Kepel expliquait que l'islamisme avait connu une période d'essor suivie d'un processus de déclin pendant les années quatre-vingt-dix, dans ce livre, il argumente que les évènements produits à partir du changement de millénaire inversent ce processus de déclin qui, au lieu de conduire au crépuscule absolu du mouvement islamiste radical, le plonge dans un processus de désordre et de chaos au sein du monde musulman, qu'il appelle « Fitna ».

Ce terme, dont le contenu sémantique intègre des éléments de sédition, d'attraction aveugle et de désordre, sert à Kepel pour résumer en un seul mot ce que lui-même argumente dans son livre : le monde musulman vit une division interne, produite par la fascination de l'islamisme radical et belligérant, dirigé par un leader charismatique qui a su maîtriser les médias et les technologies modernes, en les rassemblant sous une idéologie de base ancrée dans le passé mythifié de l'islam originaire et médiéval. Le choix du terme ne pouvait être plus opportun, puisqu'en soi, il possède des connotations de division et de séduction, deux facteurs très puissants pour expliquer l'adhésion au phénomène djihadiste.

Kepel explique que l'islamisme radical et belligérant passe d'une stratégie de combat contre « l'ennemi proche » à une stratégie d'internationalisation, dans laquelle il identifie un « ennemi lointain » et qui se traduit, dans la pratique et de façon implacable, par les attentats du 11-S à New York et à Washington. En commençant par l'échec du processus d'Oslo et le début de la deuxième Intifada, l'auteur analyse l'ascension de l'idéologie néo-conservatrice aux Etats-Unis, la « lutte contre la terreur » engagée après les attentats du 11-S avec la guerre en Afghanistan, la crise du pouvoir en Arabie Saoudite et de ses relations avec l'administration américaine, la « boîte de Pandore » iraquienne, jusqu'à arriver à la bataille de l'Europe, qui se livre sur deux fronts : d'une part, les attentats terroristes sur le sol européen, et d'autre part, la sédentarisation des communautés musulmanes et leur capacité de participation réelle à la vie démocratique en Europe.

Il est intérressant de constater que si les attentats du 11-S ont été perpétré en majorité par des représentants de ce néosalafisme de l'entourage saoudien, les attentats en Turquie, à Casablanca ou en Arabie Saoudite, furent l'œuvre d'extrémistes d'envergure locale, jouissant de peu de formation et ayant peu de liens directs avec « la base ». Al Qaeda fonctionnait alors sous forme de franchise, et avait étendu son cercle d'activistes d'une manière surprenante. L'attentat de Casablanca s'explique par l'amalgame entre l'idéologie d'Al Qaeda, adaptée par les imams salafistes locaux radicalisés et les frustrations sociales des jeunes « déshérités ». Cependant, le niveau de popularité atteint par l'attentat souffrit l'erreur d'avoir seulement coûté la vie à des musulmans. Une erreur réparée à Madrid le 11-M, que l'auteur interprète comme la prolongation du 16-M de Casablanca et qui mêle, finalement, de jeunes « déshérités » avec des djihadistes formés par Al Qaeda, une combinaison létale entre le type de terroriste du 11-S et celui du 16-M. En maintes occasions anticipé dans des manifestes où il était fait référence à Al-Andalus, Kepel interprète que l'attentat ne prétend pas seulement punir l'implication espagnole en Iraq, mais encore concrétiser la vision de récupération de toutes les terres de l'islam, y compris Al-Andalus.

Ainsi, les actes terroristes atteignent le territoire européen, tandis que la bombe à retardement lancée en Iraq ne laisse guère de place aux bons augures. Pire encore, l'image des tortures à Abu Ghraib a eu un impact néfaste sur les connotations du terme démocratie. D'où l'importance de l'Europe. La terre revendiquée n'est pas seulement le territoire andalusien historique, mais encore l'Al-Andalus qui est actuellement en gestation dans les faubourgs européens. Pour cela, l'auteur fait une sévère critique de la multiculturalité, qui génère des ghettos du progrès et de l'ascension sociale. La pratique démocratique des musulmans en Europe doit produire, à la longue, une nouvelle génération de penseurs musulmans à vocation universelle, qui puisse échapper au cercle vicieux dans lequel se débat le monde musulman, entre djihad et fitna. Le message final est clair : la pleine participation des jeunes d'origine musulmane à la vie citoyenne doit finalement les réconcilier avec la modernité.

Kepel démontre une fois de plus sa maîtrise de la terminologie, du discours et de la rhétorique radicale islamique, de ses moyens de transmission d'idées et de la documentation produite. Nous en trouvons un exemple dans la sélection de bibliographie par chapitres qui, avec la chronologie, aide à suivre le fil de l'argumentation de Kepel et constitue un matériel de travail utile pour tous ceux souhaitant approfondir dans ce domaine. Rédaction afkar/idees





Le FLN, documents et histoire. 1954-1962
Mohammed Harbi et Gilbert Meynier. Ed. Fayard. Paris, 2004. 893 pp.


La vérité finit toujours par surgir ». Voici, prise parmi tant d'autres, une des formules les plus prisées par Mohammed Harbi dans ses exercices de dédicace. Dans une Algérie et une France toujours en quête d'une histoire objective de la guerre, le propos a de quoi redonner le sourire. De quoi rassurer les nouvelles générations qui désespèrent de lire un jour cette page comme si elles y étaient.

Cette séquence dramatique de l'histoire contemporaine est, en effet, loin d'avoir tout dit, tout raconté. Si la connaissance a progressé à un rythme inespéré dans les années quatre-vingts, si le voile s'est levé sur bien des aspects du conflit, la vérité – les vérités – reste à établir. A l'instar de leurs pairs, Harbi et Gilbert Meynier (auteur de « Histoire intérieure du FLN » Ed. Fayard 2002) s'y attellent avec persévérance et rigueur.

Depuis son irruption sur le terrain de l'historien voici une trentaine d'années, le premier n'a cessé de s'attaquer aux chantiers, multiples et complexes, de la guerre d'indépendance algérienne.

Entre la co-direction de « La guerre d'Algérie » avec Benjamin Stora et la rédaction de la suite de ses mémoires politiques (« Une vie debout » annoncé pour début 2005, le tome 2 portera sur la période 1962-73, date de son départ en exil en France), le meilleur historien algérien a tendu la main à Meynier pour un travail de nature différente. Dans cette entreprise à deux, illustration d'une collaboration historienne franco-algérienne prometteuse, Harbi et Meynier sont allés à une partie de « chasse » très féconde.

A la veille du 50e du début de la guerre, ils sont revenus avec une belle moisson. Quelque 900 pages de documents et de textes en rapport direct ou indirect avec le FLN d'avant 1962. Lettres, messages, notes, rapports, procès-verbaux, tracts, témoignages produis à différentes périodes de la guerre et à des échelons de responsabilité divers.

Le travail se révèle sous la vocation que les deux auteurs ont bien voulu lui conférer : un outil. Un manuel à partir duquel on peut revisiter l'évolution du conflit mais, plus que cela, le cheminement du FLN sous toutes ses facettes. Tour à tour, le front est décliné au travers de ses moments glorieux, ses impasses militaro-bureaucratiques et ses pages sanglantes (querelles et purges). Le livre s'adresse précisément à tous ceux qui veulent faire le point sur la conduite de la guerre et « la gestation de l'Etat-FLN selon l'expression usitée en Algérie ».

Hormis une très exhaustive introduction historique, ils ont choisi de publier les documents à l'état brut. Quitte à multiplier les annotations pour en faciliter la compréhension et les restituer dans leur contexte. Moins de textes et plus de documents pour permettre au lecteur « de les découvrir et de les évaluer par lui-même ». D'y disposer de clés pour comprendre, en toute clarté, la trajectoire d'un FLN « longtemps prisonnier des récits hagiographiques ou malveillants ».

Post-préfacier de l'ouvrage, le professeur Charles-Robert Ageron l'avouait avec sa coutumière probité intellectuelle. « Historien de l'Algérien coloniale, habitué à travailler essentiellement sur des documents d'archives dûment controlés, j'ai refusé d'écrire comme tant d'autres une histoire de la guerre d'Algérie. C'est qu'il me paraissait impossible de pouvoir établir scientifiquement une histoire, dès lors qu'elle serait fondée seulement sur le discours officiel des parties, voire des renseignements de seconde main ou des mémoires nécessaires suspects ».

Depuis, Harbi n'a pas ménagé de son temps pour faire en sorte que le passé de l'Algérie devienne « le patrimoine de chacun ». De dirigeant nationaliste en militant, il ne s'est pas arrêté de frapper aux portes en quête de documents. Avec un seul objectif : « l'accès de tous à l'information » sur la révolution algérienne. « L'Algérie n'a aucun intérêt à voir s'organiser l'ignorance », soulignait-il en introduction aux « Les archives de la révolution algérienne ». 24 ans plus, il se réjouit de la progression des connaissances de par et d'autre de la Méditerranée. Beaucoup plus en France qu'en Algérie où, « malgré des avancées, l'histoire reste sous surveillance ». Youssef Zerarka, journaliste algérien





L'islam, la République et le monde
Alain Gresh. Ed. Fayard. France 2004. 439 pp.


Une approche généraliste et intéressée, partagée aussi bien par certains intellectuels que par des médias et d'importants partis politiques, a construit une « menace islamiste » monolithique qui porte atteinte à la stabilité de l'Occident. Après une présentation de cette réalité, Alain Gresh, rédacteur en chef du « Monde Diplomatique », s'impose la tâche de détruire tous les arguments qui l'étayent, et tout particulièrement en France, à travers cet ouvrage faisant continuellement référence au rôle des médias dans la création d'opinion. Pour commencer, sous une approche humaniste, il retrace l'histoire et le développement jusqu'à nos jours de l'islam et du monde arabe musulman, pour révéler sa croissante complexité et effacer son image de bloc homogène.

A partir de là, il éclaircit les mécanismes qui ont alimenté les terreurs d'une sorte de « menace islamique » avec des tentacules aussi bien à l'extérieur (terrorisme international) qu'à l'intérieur de la France (violence sociale, quartiers conflictuels, immigrés musulmans). Pour Gresh, le contexte international actuel, chargé de mauvais augures (fin des Etats nation, mondialisation, insécurité sociale, augmentation des migrations, retransmission spectaculaire de conflits) est un terrain très propice aux crises d'identité des peuples et à l'apparition de craintes ataviques. Après les attentats terroristes du 11-S à New York, l'islamisme (ou l'islam, la confusion des termes est une autre des critiques constantes dans ce livre) a été ouvertement désigné comme le successeur de l'ancien ennemi communiste. La propagation de cette réédition d'un affrontement entre deux blocs est rapide et profonde, parce que « comme un duo d'opéra, Bush et Ben Laden se donnent la réplique », mais Gresh veut savoir pourquoi cette nouvelle approche dichotomique a fonctionné auprès de l'opinion publique française, malgré l'opposition de la France à la guerre en Iraq ou la solidarité avec le peuple palestinien.

Nous découvrons alors le changement de perception vis-à-vis des immigrés, depuis des années quatre-vingts que l'on pourrait qualifier de solidaires, jusqu'à nos jours, où un large spectre de la société est de nouveau défini par son ethnie, en particulier si celle-ci possède son origine dans un pays arabe, et doit faire face à des situations économiques de discrimination, à l'école et au travail, ainsi qu'à la désertion des formations syndicales et politiques de gauche pour tenter de les incorporer dans leurs rangs. La réaction face à un tel isolement est un retour à l'islam qui, à travers le filtre d'une éducation et culture acquises à l'école républicaine, débouche sur une recherche de nouvelles formes de pratique et de croyance. Cependant, ce repli religieux alimente à son tour le rejet de la société française (surtout après les actes terroristes liés à l'Algérie dans les années quatre-vingt-dix), qui voit menacée l'une de ses valeurs les plus appréciées : la laïcité. A ce stade, Gresh énumère avec force de détails tous les aspects, clichés et stéréotypes qui alimentent la méfiance vis-à-vis des immigrés arabes, dont la plupart sont hérités de l'époque colonialiste, et qui se sont surtout matérialisés à travers la polémique sur l'usage du voile. Cette question controversée, sans base objective compte tenu du faible nombre de cas et de ses effets pernicieux (réclusion de nombreuses élèves chez elles), devient la toile sur laquelle se brossent en réalité « les points de vue inavouables sur le problème de l'immigration », comme le souligne Pierre Bordieu dans une citation du livre.

Pour cette raison, Gresh consacre ses efforts à analyser systématiquement le traitement réservé à cette affaire par les médias, les intellectuels et les partis politiques, ainsi qu'à se plonger consciencieusement dans le concept de la laïcité, consacré par la République depuis 1905. Suivant pas à pas la polémique, il critique la méthode de travail de la commission Stasi, le choix unilatéral des témoignages et le climat médiatique étouffant, qui débouche sur un ensemble de mesures dont le président français, Jacques Chirac, ne retient que la plus restrictive : l'interdiction des symboles religieux.

Face au « panorama de projet destructeur » d'une nation qui récupère son unité « en appelant à la lutte contre l'Autre / l'immigré », Gresh propose une alternative : la création d'un projet fondé sur la citoyenneté, dont la première tâche serait la redéfinition d'une base commune historique, rappelant dans les écoles le rôle de l'immigration au cours des siècles sur la construction nationale et sur la prospérité économique et résolvant une fois pour toutes l'amnésie de la période coloniale. Rédaction afkar/idees






Chroniques littéraires

L'édition algérienne à la recherche d'un nouveau souffle.

Le fait n'échappe pas aux regards curieux. A la rue Didouche Mourad (ex-rue Michelet), la plus importante et la plus animée des artères d'Alger, le décor commercial change au quotidien.

Depuis la Place Audin jusqu'au parc de la Liberté, des librairies plantent leur décor. Et se font de plus en plus désirer. Périodiquement, de nouvelles boutiques étalent romans, essais et manuels de toutes sortes. En cette première quinzaine d'octobre, le « Larousse 2005 » arbore un design joliment conçu pour l'édition du centenaire. A deux semaines du 50e anniversaire de la révolution algérienne, autobiographies, témoignages et récits des maquis figurent en bonne place.

Cette animation est, cependant, loin de rappeler les années soixante-dix et quatre-vingts. Deux décennies au cours desquelles, remarquablement en verve, le livre occupait le haut du pavé algérois. En 15 ans, plusieurs librairies qui avaient pignon sur rue ont disparu du paysage. Les propriétaires des lieux s'étaient résignés à mettre la clé sous le paillasson. Victimes expiatoires de la conjoncture économique et de la décennie sanglante. Leur disparition a causé un préjudice énorme. Et pour cause ! Certaines ont nourri la culture générale de générations entières d'algérois et accompagné leurs vies scolaire et universitaire.

Depuis 2000, nombre d'entre-elles ont ressuscité ici et là, à la grande joie des bibliophiles. Exemple à forte charge symbolique : le retour de l'Ijtihad ( la réflexion), plus connue sous le nom de « Librairie Dominique ». Implantée depuis des décades à l'ex-rue Charasse à un pâté de maison de la faculté centrale, elle s'était éclipsé au milieu des années quatre- vingts. La santé éditoriale était très précaire pour que « Dominique » puisse tenir la route.

Nouvelle pleine d'espoir, son retour dans un paysage livresque en cours de restauration, elle le doit à son gérant de toujours. Libraire digne de ce nom forgé au métier du livre au contact des professionnels étrangers, Abdenour Belanteur s'est décidé à faire renaître la maison de ses cendres. Depuis deux ans, il s'emploie activement à redonner aux gens le goût du livre. Les « soirées de l'Ijtihad », passionnants débats thématiques, reprennent de plus belle.

Abdenour Belanteur espère, si tout va pour le mieux, lui redonner son lustre d'antan. Comme autrefois, il veut en faire le point de ralliement d'écrivains, d'enseignants, de journalistes. L'espoir est grand, nourri en cela par la conjoncture de l'édition algérienne.

Le secteur connaît depuis cinq ans un dynamisme continu. Affecté plus que les autres par la récession économique, mise à mal par la violence particulièrement ciblée contre la communauté intellectuelle, il se déploie comme il peut. En témoigne le développement d'un secteur privé que le monopole a longtemps réduit à une quantité négligeable.

Illustration de cette évolution structurelle, les maisons privées se sont multipliées. De trois à la fin des années quatre-vingts, elle sont une quarantaine à se disputer, aujourd'hui, le marché aux côtés de trois publiques dont l'ANEP (édition et publicité).

Avec des fortunes diverses – certaines se professionnalisent alors que d'autres frisent l'amateurisme –, elles essayent de donner une consistance à l'édition nationale. Une édition dont les indicateurs sont, il est vrai, en deçà des chiffres marocains. L'Algérie, où, paradoxalement, l'analphabétisme est moins important qu'au Maroc, accuse du retard. Difficile, aujourd'hui, de se mesurer aux voisins que ce soit dans le catalogue, la production, la diffusion, la traduction et la co-édition. L'explication tient à des considérations strictement économiques.

Au Maroc, le dynamisme du secteur privé donne au secteur éditorial des allures industrielles. Ce n'est pas encore le cas en Algérie. En dehors de l'ANEP et l'ENAG (entreprise nationale des arts graphiques), le reste des éditeurs ne sont pas outillés de moyens à la mesure de leurs ambitions. La majorité d'entre eux sont encore à l'état embryonnaire pour se permettre des performances similaires à celles des égyptiens, marocains, libanais pour ne citer que le monde arabe.

Le salon international du livre d'Alger (SILA), organisé à la mi-septembre, a servi, une nouvelle fois, de baromètre pour évaluer l'état de l'édition nationale. Pendant une quinzaine de jours, éditeurs, auteurs et institutions concernées par la lecture publique ont mesuré le fossé qui séparent l'Algérie des autres pays. 587 exposants dont 224 maisons d'édition arabes y étaient présents contre 400 l'année dernière. Lancé, en grande pompe, en 1983 au plus fort de l'aisance financière, le SILA a perdu un peu de sa superbe sous l'effet de la récession économique et de la crise sécuritaire. Il aura fallu attendre 2000 pour voir sa réactivation par l'ANEP qui souhaite en faire une locomotive dans le développement du secteur. Youssef Zerarka, journaliste algérien



Hommage aux lettres arabes de la la Foire du Livre de Francfort.

Certaines des requêtes adressées par notre magazine, qui revendiquaient une plus grande attention, de la part de l'Europe, à la production littéraire et culturelle en langue arabe, ont été agréablement satisfaites par la 56e édition de la Foire du Livre de Francfort, qui s'est tenue du 6 au 10 octobre. Avec le monde arabe et l'islam pour thème central, la foire consacra cette édition non seulement à la diffusion d'auteurs très réputés dans leurs pays ou auprès des spécialistes européens, mais encore d'auteurs indépendants, peu connus et parfois controversés.

En collaboration avec la Ligue Arabe, la foire a consacré un espace de plus de 4 000 mètres – le plus grand de l'histoire de la foire –et a invité quelques 200 auteurs du Maghreb, du Proche-Orient et des pays du Golfe, ainsi que certains auteurs arabes en exil. Presque tous les pays étaient présents. L'Iraq était absent, pour des raisons de force majeure – qui ne l'ont pourtant pas empêché de participer aux Jeux Olympiques d'Athènes –, de même que le Koweït et le Liban, qui alléguèrent des motifs économiques. Les autres étaient inclus dans le pavillon de la Ligue Arabe, exception faite du Maroc et de l'Algérie, qui étaient à part.

L'événement servit au public occidental à prendre contact avec une littérature injustement méconnue, ainsi qu'à révéler les problèmes rencontrés par la production éditoriale dans le monde arabe : l'absence d'aide à l'édition, le « piratage » généralisé des livres, le manque d'infrastructures, de librairies, de bibliothèques et d'organisations professionnelles du secteur... Et cela n'est pas tout. Aux pénuries économiques, s'ajoute dans certains cas le joug de la censure, qui finit quelquefois par pousser l'auteur à l'exil.

On disait autrefois que « les égyptiens écrivent, les libanais publient et les iraquiens lisent ». Malheureusement, cette phrase a perdu toute sa vigueur, puisque les iraquiens ne sont plus le premier marché du livre arabe, surtout depuis les années quatre-vingt-dix et depuis les pénuries économiques qui ont suivi la guerre du Golfe. Cependant, la labeur de diffusion des libanais a été exceptionnelle, de même que celle de la Foire du Livre du Caire, qui attire deux millions de visiteurs chaque année. Dans la labeur de diffusion, certains de ceux qui - comme moi - suivent la production éditoriale arabe dépendent depuis longtemps de Saqi Books, une maison d'édition londonienne, pour la diffusion d'information et de catalogues. On soulignera également le travail de certaines maisons d'édition espagnoles, comme Ediciones del Oriente y del Mediterráneo, CantArabia ou Hiperión, auxquelles nous devons la traduction de véritables joyaux et un certain nombre d'éditions bilingues.

Le monde arabe a été l'acteur principal de la Foire allemande des forums de débat sur les relations entre l'Orient et l'Occident, colloques et activités culturelles et ludiques, ainsi que des nombreux reportages et interviews dans des publications allemandes et de toute l'Europe, qui ont permis de rapprocher ce nouveau panorama littéraire du grand public. Cela n'a pas été le cas, semble-t-il, dans le monde arabe, où le rôle de l'invité d'honneur n'a eu pratiquement aucune répercussion dans les médias arabes. Pour le moment, l'hommage aux lettres arabes a déjà donné quelques fruits. Pour commencer, en collaboration avec la Ligue Arabe et la Arab Publishers Association, un grand catalogue de tous les livres présents à la Foire, qui témoignent de la vaste création en langue arabe, a été édité, et la traduction d'autres ouvrages d'auteurs arabes a été mise en œuvre. Grâce à cela, des noms comme Adonis, Nizar Kabbani ou Abderrahman Mounif rejoindront peut-être ceux déjà connus de Naguib Mahfouz ou Mahmoud Darwish, ou encore celui d'auteurs arabes qui écrivent en français ou en anglais, comme Tahar Ben Jelloun, Edward Said ou Amin Maalouf, beaucoup plus connus par le grand public, et aussi davantage traduits dans d'autres langues. Rédaction afkar/idees



Lectures du trimestre

I saw Ramallah. Mourid Barghouti. Traduction d'Ahdaf Soueif. Prologue d'Edward W. Said. Bloomsbury . Londres 2004.

En 1966, le poète palestinien Mourid Barghouti abandonne sa maison, dans un village proche de Ramallah, pour retourner à l'Université du Caire et terminer ses études de littérature. Un an plus tard, la guerre des Six Jours force Barghouti, comme bien d'autres palestiniens, à prendre l'exil sans aucune possibilité de retourner dans son pays. À travers ce livre, qui a valu à son auteur la médaille Naguib Mahfouz de la littérature, Barghouti narre son retour à Ramallah, 30 ans après son départ.

Cuentos en dialecto árabe de Ceuta. Francisco Moscoso García. Escuela de Traductores de Toledo. Tolède 2004.

Les langues parlées dans la ville de Ceuta sont l'espagnol et l'arabe dialectal, très influencé par le premier. L'étude de Francisco Moscoso présente un choix de cinq contes, retranscrits et traduits, avec une étude introductive et un glossaire final. L'édition est accompagnée des enregistrements des contes en format WMA.

Palestina, pasos perdidos: una historia desde el presente a los orígenes. José Enrique Ruiz-Domènec. Destino, Barcelone 2004.

Le professeur d'histoire médiévale de l'Université Autonome de Barcelone, José Enrique Ruiz-Domènec, passe en revue l'histoire de la Palestine racontée en sens inverse, depuis l'Intifada jusqu'aux origines, dans l'objectif d'aider à comprendre l'actualité de la région.

Maghreb, la démocratie impossible. Pierre Vermeren. Ed. Fayard, Paris 2004.

L'Algérie, le Maroc et la Tunisie se trouvent aujourd'hui dans une étape de maturité, après les luttes anti-coloniales. Mais entre le pouvoir autoritaire et la menace islamiste, est-il possible de parler de démocratie dans cette région du monde ? Telle est la question élémentaire à laquelle l'auteur cherche une réponse, à travers une analyse historique de la région. Vermeren défend le besoin d'intégrer tous les acteurs de la société civile, pour pouvoir avancer dans la démocratisation du Maghreb.

Les enjeux méditerranéens : l'eau, entre guerre et paix. Hervé de Charette. L'Harmattan, Paris 2004.

En novembre 2003, l'Institut Euro-Méditerranéen a organisé un symposium pour analyser la question cruciale de l'eau dans les pays méditerranéens. Cette publication reprend les idées apportées par des représentants gouvernementaux, des experts, des entreprises spécialisées et de nombreuses personnalités. La cherté traditionnelle de l'eau dans la plupart des pays du sud de la Méditerranée, les tensions et les conflits pour la distribution de l'eau entre les Etats, l'augmentation des besoins, principalement en raison de la croissance démographique, rendent plus urgente que jamais la recherche de solutions reposant sur l'expérience partagée, la mise en commun de connaissances techniques et l'encouragement de la coopération internationale, et en particulier euro-méditerranéenne.

El derecho al retorno: el problema de los refugiados palestinos. Farouk Mardam-Bey et Elias Sanbar, Ediciones del Oriente y del Mediterráneo, Colección Encuentros, Madrid 2004.

Les écrivains Farouk Mardam-Bey, syrien, et Elias Sanbar, palestinien, se proposent dans ce livre d'ouvrir un débat sur l'une des questions les plus douloureuses du conflit arabo-israélien : celle du droit au retour des réfugiés palestiniens. Un problème difficile à résoudre, dans la mesure où les deux parties considèrent que ce point n'est absolument pas négociable. Tandis qu'une grande partie de l'opinion publique israélienne considère qu'il s'agit d'une menace, les palestiniens le considèrent comme un droit inaliénable, non seulement pour ce qu'il représente d'un point de vue matériel, mais encore et surtout pour son implication symbolique.




Références

Maghreb

– El Magreb hoy. Estudios sobre historia, sociedad y cultura. Ana Torres García; Rocío Velasco de Castro (Eds.) Ediciones Alfar, Seville 2004.

– Amb gust del Magrib (Receptes del Marroc, Algéria i Tunísia). Mariona Quadrada. Pragma Edicions, Oxford 2004.

– L'ingénieur moderne au Maghreb . Eric Gobe. Coll. Connaissance du Maghreb. Ed. Maisonneuve et Larose 2004.

– Un libro para la paz. Fatima Mernissi. Ed. Muchnik, El Aleph, Barcelone 2004.


Maroc

– Mohammed V, Hassan II, tels que je les ai connus. Dr. Henri Dubois-Roquebert. Ed. Tarik, Casablanca 2003.

– L'institutionnalisation du système de l'enseignement au Maroc. Evaluation d'une politique éducative. Mohamed Souali. Ed. L'Harmattan 2004.

– L'esprit de Fès. Nathalie Calmé. Ed. du Rocher, 2004.

– El Protectorado de España en Marruecos. Organización política y territorial. José Luis Villanova. Ed. Bellaterra. Barcelone 2004.

– Les trois rois. La monarchie marocaine de l'indépendance à nos jours. Ignace Dalle. Ed. Fayard, Paris 2004.


Sahara

– El Sàhara occidental. Història i actualitat d'un poble. Tomàs Callau. Llibres de l'Índex. Barcelone 2004.

– Sahara : le royaume des dunes et des rêves. Albert Jacquard, Régis Colombo, Antonie Blanc. Ed. Favre, 2004.

– Adivinanzas saharauis. Fernando Pinto Cebrián. Ed. Miraguano, Madrid 2004.

Berbères

– De la question berbère au dilemme kabyle à l'aube du XXIe siècle. Maxime Ait Kaki. L'Harmattan, 2004.

– Croyances et médecine berbères à Tagmut. Dr. Mustapha Akhmisse. Ed. Dar Kortoba, 2004.


Algérie

– La bataille de France. Linda Amiri. Ed. Robert Laffont, 2004.

– Oran, la mémoire. Collectif. Ed. Paris-Méditerranée, 2004.

– Algèria viurà! França i la guerra per la independència algeriana (1957-1962). Ramon Usall. Universitat de València, Valence 2004.

– Affaires d'état. Mehenna Hamadouche. Ed. Chihab, Alger 2004.

– Imaginaires de guerre: les images dans les guerres d'Algérie et du Viêtnam. Benjamin Stora. Ed. La Découverte, 2004.


Islam/islamisme


– Les femmes et l'islam. Entre modernité et intégrisme. Dir. Isabel Taboada Leonetti. Ed. L'Harmattan, 2004.

– Les islamistes sont déjà là : enquête sur une guerre secrète. Christophe Dubois et Christophe Deloire. Ed. Albin Michel, 2004.

– Islam in Russia : the Politics of Identity and Security. Shireen T. Hunter. M.E. Sharpe, Armonk, 2004.

– Le voile de la mariée. Jeunes musulmanes, voile et projet matrimonial en France. Amel Boubekeur ; Farhad Khosrokhavar. Coll. Histoire et Perspectives Méditerranéennes. Ed. L'Harmattan, 2004.

– Approche critique des représentations de l'Islam contemporain. Mourad Faher. Coll. Histoire et Perspectives Méditerranéennes. L'Harmattan, 2004.

– La Crise de la culture islamique. Hichem Djaït. Ed. Fayard, 2004.

– Le Hezbollah : un mouvement islamo-nationaliste. Fréderic Domont et Walid Charara. Ed. Fayard, 2004.

– Tribus et pouvoirs en terre d'Islam. Hosham Dawod (Ed). Coll. Socétales. Armand Collin, Paris, 2004.

– Women, islam and cinema. Gönul Dönmez-Colin. Reaktion Books, 2004.

– Mystique et politique: le Coran des islamistes. Commentaire coranique de Sayyid Qutb (1906-1966). Olivier Carré. Editions du CERF, Paris, 2004.

– La science des lettres en Islam. Pierre Lory. Coll. Esprit de Lettre. Ed. Dervy, 2004.

– Islamic Activism : A social movement theory approach. Quintan Wiktorwicz (Ed.) Indiana University Press. Bloomington 2004.

– Wahhabi Islam. From Revival and Reform to Global Jihad. Natana J. Delong-Bas. I.B. Tauris, 2004.

– Freedom and Orthodoxy. Islam and difference in the post-Andalusian Age. Anouar Majid. Ed. Stanford University Press, Stanford, 2004.


Méditerranée

– Amère méditerranée : le Maghreb et nous. Jean de la Guérivière. Ed. Seuil, 2004.

– Las teatralidades del Mediterráneo. José Monleon. Ed. Icaria, Barcelone 2004.

– El Mediterráneo y la formación de los pueblos europeos. Massimo Guidetti. Ed. Icaria, Barcelone 2004.

– Invierno mediterráneo. Robert D. Kaplan. Col. Biblioteca Grandes viajeros. Ediciones B, Barcelone 2004.

– El mediterráneo: historia y cultura. José Enrique Ruiz-Domènec. Ediciones Península, Barcelone 2004.


Proche-Orient/Monde arabe

– Le futur du monde arabe a-t-il un avenir ? Abdellatif Laroui. Ed. Publisud, 2004.

– Le Japon et les arabes : la vision du monde arabe au Japon, des époques anciennes jusqu'au tournant de meiji. Bassam Tayara. Ed. Mediane, 2004.

– Mondialisation et nouveaux médias dans l'espace arabe. Franck Mermier. Ed. Maisonneuve et Larose. Ol.- Orient-Méditerranée, 2003.

– L'impasse arabe : les arabes face à la nouvelle stratégie américaine. Mohamed Abd El Motaleb Al Houni. L'Harmattan, 2004.

– Civil Society in the Muslim World. Contemporary Perspectives. Amyn B. Sajoo (Ed.) I.B. Tauris, 2004.

– Resistencia y protesta en las sociedades musulmanas. Mounia Bennani-Chraib; Olivier Fillieule. Ed. Bellaterra, Barcelone 2004.

– Women and Media in the Middle East . Power through Self-Expression. Naomi Sakr (Ed.) I.B. Tauris, 2004.

– State Formation In Palestine : Viability And Governance During A Social Transformation. Mushtaq Husain Khan, George Giacaman, Inge Amundsen (ed.) Routledge Curzon, Londres 2004.

– Une seule terre pour deux peuples. Histoire de la Palestine moderne. Ilan Pappe. Ed. Fayard, 2004.

– The Geneva Initiative – A Way to Peace in the Middle East ? Public Panel Discussion. Berlin , 15th January 2004 . Ed. Friedrich Ebert Stiftung, Berlin 2004.

– Palestinian NGOs in Israel . The Politics of Civil Society. Shany Payes. I.B. Tauris, 2004.

– Israel, el somni i la tragèdia. Del sionisme al conflicte de Palestina. Joan B. Culla. Ed La Campana, Barcelone 2004.

– L'arabe et le juif, dialogue de guerre. Hamid Berrada et Guy Sitbon. Ed. Plon, 2004.

– La guerre israélienne de l'information: Désinformation et fausses symétries dans el conflit israélo-palestinien. Joss Dray, Denis Sieffert. Ed. La Découverte, 2002.

– Mon Liban. Essai inédit. Khalil Gibran. Ed. Fayard, 2004.

– In Pursuit of Legitimacy.- The Muslim Brothers and Mubarak, 1982-2000. Hesham Al-Awadi. Ed. I.B. Tauris, 2004.

– Civil Society Exposed. The Politics of NGOs in Egypt . Maha M. Abdelrahman. I.B: Tauris, 2004.

– From Oslo to Iraq and the Road Map. Edward W. Said. Pantheon, New York 2004.

– La destrucción cultural de Iraq. Un testimonio de guerra. Fernando Báez. Flor del viento, Barcelone 2004.

– House of Bush, House of Saud: The Secret Relationship between the World's Two Most Powerful Dynasties. Craig Unger. Editeur Thorndike Press (août 2004)

– Chain of Command: The Road From 9/11 to Abu Ghraib. Seymour M. Hersh. HarperCollins Publishers, 2004.

– Resurrecting Empire: Western Footprints and America 's Perilous Path in the Middle East . Rashid Khalidi. Beacon Press, Boston 2004.

– La machine Bush. Philippe Boulet-Gercourt. Ed. Grasset, Paris, 2004.

– Bush-Kerry, les deux Amériques. Christine Ockrent. Ed. Robert Laffont, 2004.

– Le concept du 11 septembre: Dialogues à New York (octobre-décembre 2001) avec Giovanna Borradori. Jacques Derrida, Jürgen Habermas, Christian Bouchindhomme (trad), Sylvette Gleize (trad). Col. La philosophie en effet. Ed. Galilée, 2004.

– Armes de communication massive. Informations de guerre en Irak : 1991-2003. Jean-Marie Charon, Arnaud Mercier (Coords.) Ed. CNRS Communication, Paris 2004.

– Culture et résistance. Edward W. Said et David Barsamian (entretiens). Ed. Fayard, Paris 2004.


Terrorisme international

– Al Qaeda: la verdadera historia del islamismo radical. Jason Burke. Ed. RBA libros, S.A. Barcelone 2004.

– 11-M : claves de una conspiración. Bruno Cardeñosa. Ed. Espejo de Tinta, Madrid 2004.

– El nuevo terrorismo islamista. Fernando Reinares y Antonio Elorza. Ed. Temas de Hoy, Madrid 2004.

– 11-M-14-M: Onda expansiva. ¿Quien miente? Rosa María Artal. Ed. Espejo de Tinta, 2004.

– 11-M: La Venganza. Casimiro García-Abadillo Prieto. Ed. La Esfera de los Libros, 2004.

– Profetas del miedo. Aproximación al terrorismo islamista. Javier Jordán. EUNSA. Pamplona 2004.

– La mouvance islamiste au Maroc. Du 11 septembre 2001 aux attentats de Casablanca du 16 mai 2003. Ahmed Chaarani. Ed. Karthala, Coll. Tropiques. Paris 2004.

afkar / idées. Revue trimestrielle pour le dialogue entre le Maghreb, l'Espagne et l'Europe
      

Estudios de Politica Exterior S.A. Núñez de Balboa 49, 5º pl. 28001 Madrid. Tel: 91 4312628 Fax: 91 435 40 27
IEMed Girona, 20. 5ª planta · 08010 Barcelona · Tel: 93 244 98 54 Fax: 93 247 01 65

© 2003 afkar / ideas - webmaster@iemed.org